Soudan du Sud: la guerre se poursuit dans le Haut-Nil contre les Shilluk

Des femmes et des enfants font la queue pour une distribution de nourriture par le Programme alimentaire mondial (PAM) au Soudan du Sud, le 26 février 2017.
© REUTERS/Siegfried Modola

Malgré les accords et les cessez-le-feu, la guerre se poursuit au Soudan du Sud. Loin des regards. Amnesty International publie ce 21 juin un rapport sur la région du Haut-Nil. Depuis plusieurs mois, les forces gouvernementales mènent une offensive brutale dans cette zone située dans le nord du pays. Comme dans le reste du pays, les civils sont les premières victimes et les violences prennent un tour communautaire.

Le long du Nil blanc aujourd'hui se succède une série de villages calcinés et abandonnés. Leurs habitants ont fui l'offensive des forces gouvernementales lancée au début de l'année et se sont réfugiés à Aburoc. Le lieu n'a pourtant rien d'accueillant : le sol est sec et gris, les mouches sont partout et l'eau nulle part. Le lit de la rivière est complètement à sec.

En quelques mois, ce petit village d'un millier d'habitants seulement a vu arriver 30 000 déplacés. Tous des Shilluk, une petite communauté majoritaire dans cette région. En face, des militaires et des milices Dinka, l'ethnie du chef de l'Etat. Le processus est toujours le même : d'abord, l'armée bombarde les villages avec des armes qui ne sont pas du tout suffisamment précises pour épargner les civils. Puis les miliciens et les soldats arrivent.

Les maisons sont incendiées et lorsque leurs habitants sont trop vieux pour s'enfuir, on les brûle avec. Les habitants sont tués au hasard, quel que soit leur âge. Et tout est pillé. Les forces gouvernementales emportent les lits, les chaises, les ustensiles de cuisine, les filets de pêche, parfois même les portes des maisons, et bien sûr les réserves de nourriture.

D'autant plus inquiétant, pour Amnesty International, que la saison des pluies va compliquer la distribution d'aide humanitaire.

Le fait qu’aujourd’hui ces populations aient fui, de peur pour leur vie, est complètement compréhensible…

Donatella Rovera, conseillère d'Amnesty pour les situations de crise.
20-06-2017 - Par Anne Cantener

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