Le Maroc vient en aide aux migrants syriens bloqués à la frontière algérienne

C'est dans cette région inhospitalière de Béchar, à la frontière entre le Maroc et l'Algérie que les réfugiés syriens sont restés bloqués. Parmi eux, des enfants (photo d'illustration).
© De Agostini/Getty

La date n’a probablement pas été choisie au hasard. C’est ce mardi, journée mondiale des réfugiés et «Nuit du destin» dans la religion musulmane que le roi du Maroc Mohammed VI s’est engagé à traiter le cas des familles syriennes bloquées depuis plus de deux mois à la frontière avec l’Algérie. Une douzaine de familles fuyant la guerre ont traversé la Libye, le Soudan, puis l’Algérie, avant d’être prises dans le «no man’s land», une zone de «tension» disputée par les deux Etats qui ont officiellement fermé leurs frontières il y a plus de 20 ans. C’est avec un soulagement immense que les familles ont quitté la ville frontalière de Figuig ce mardi.

Moins d’une heure après la sortie du communiqué royal, deux minibus emportaient les familles vers Rabat après 64 jours en plein désert, dans des conditions déplorables. Des femmes des enfants en bas âge, suivis par un médecin marocain, le docteur Zouhair Lahna : « Il fait 40-45° en journée. Leur bataille avec les scorpions et les serpents le soir. Les enfants ont eu bien sûr des problèmes de maladie de peau, des coups de soleil. Ils ont pu survivre grâce à la solidarité des habitants de Figuig. Et quand la frontière est devenue hermétique, les soldats algériens leur achetaient leur nourriture. Dans ces conditions difficiles, il y avait un peu d’humanité de part et d’autre qui soulageait les choses ».

Les ONG, le Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR), le Croissant-Rouge  ont « alerté » sur leur situation, exhortant les deux gouvernements à « prendre leurs responsabilités » sans parvenir à dépasser les tensions diplomatiques. Alger s’était même engagé à les accueillir, avant de se rétracter, comme le regrette le docteur Zouhair Lahna : « Pourquoi avoir attendu si longtemps ? Pourquoi avoir puni des gens qui fuient déjà la guerre de cette façon ? Ça, c’est incompréhensible. C’est l’utilisation de la misère humaine à des fins politiques. C’est inacceptable ».

Certains vont être enregistrés au Maroc comme migrants, mais la plupart poursuivent leur périple vers l’Europe.

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