RDC: pas d’enquête internationale, mais des experts onusiens envoyés au Kasaï

La salle du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, à Genève.
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En RDC, les massacres au Kasaï ne donneront pas lieu à une commission d'enquête internationale. Les 47 Etats membres du Conseil des droits de l'homme de l'ONU sont parvenus à un compromis et Kinshasa va bénéficier d'une assistance technique. Durant les deux jours de discussions, à Genève, deux visions se sont opposées: d'un côté, les pays européens voulaient la création d'une mission d'enquête internationale, de l’autre, le groupe des pays africains qui s'y opposait.

Au final, c'est bien un compromis qui a été adopté. Un compromis « mou » ou un compromis « qui sauve l'essentiel », selon l’interlocuteur. Mou pour certains, car cette résolution se contente d'appeler le gouvernement congolais à continuer d'enquêter, avec l'ONU, sur les violations des droits de l'homme commises dans les Kasaï. Elle appelle aussi Kinshasa à donner l'accès à l'ONU à la région des Kasaï pour que les employés de la mission de l'ONU au Congo, mais aussi le Haut-Commissariat aux droits de l'homme puissent y travailler sans entraves.

Un simple appel donc à la coopération alors que les entraves à l'ONU ont été nombreuses ces derniers mois et l'accès au Kasaï et aux 42 fosses communes découvertes quasiment impossible. Mais cette résolution demande aussi l'envoi d'une équipe d’experts internationaux. Des experts nommés par le Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU et qui auront pour mission de déterminer les faits et les circonstances dans lesquelles ces violations des droits de l'homme ont eu lieu.

Ils devront aussi identifier les auteurs et les commanditaires de ces violences, sachant qu'on parle de plus de 3 000 civils tués depuis août dernier. Les experts devront rendre un rapport en septembre aux Etats membres.

Avec ce consensus, soutenu par les pays africains, le Haut-Commissariat aux droits de l'homme espère obtenir l'approbation de la RDC sur l'envoi de ces experts.

Mais aussi la levée des entraves quasi quotidiennes qui l'empêche de mener aujourd'hui des enquêtes approfondies au Congo. Un pays avec la plus grande opération de maintien de la paix au monde. Désormais, cette résolution doit encore être formellement adoptée ce vendredi lors d’un vote.