Congo-Brazzaville: les déplacés du Pool en situation nutritionnelle critique

A Yamba, dans le département de la Bouenza, frontalier du Pool, près d’un millier de déplacés a trouvé refuge dans les ruines d’une ancienne société d’élevage.
© RFI/Florence Morice

Au Congo-Brazzaville, un tiers de la population du Pool a dû fuir en raison de la crise qui a éclaté il y a un peu plus d'un an dans ce département. Le Programme alimentaire mondial (PAM), l’UNICEF, le ministère de la Santé Publique et le ministère des Affaires sociales se sont penchés sur leur situation nutritionnelle. Le rapport publié ce vendredi est alarmant: les déplacés manquent de tout et en particulier de nourriture.

En moyenne, 17% des enfants sur lesquels a porté cette enquête souffrent de malnutrition aigüe. Un chiffre inquiétant et au-delà du seuil d'urgence de l'OMS fixé à 15%. La situation est globalement plus grave dans la Bouenza, dont certaines localités d'accueil sont particulièrement enclavées et qui n’ont parfois bénéficié à ce jour d'aucune aide alimentaire. Dans ce département, 58% des ménages déplacés sont en insécurité alimentaire ainsi que 32% des familles hôtes qui ne sont bien sûr pas épargnées.

Le rapport avance plusieurs explications à cette situation préoccupante. L'insécurité d'abord qui empêche de nombreux déplacés d'accéder à leurs champs, d'où une réduction drastique des aires cultivées dans ces zones. Moins 700 hectares entre 2016 et 2017, soit une réduction de 40%. Il y a aussi l'arrêt du trafic ferroviaire qui complique l'approvisionnement, ainsi que le contexte d'inflation général dans le pays avec des prix très volatils. Le prix du kilo de Foufou a par exemple augmenté de 85% au marché de Mindoulu entre novembre 2016 et mai 2017.

Actuellement, faute d'argent, ces populations ne reçoivent quasiment aucune aide d'urgence. Sans oublier  bien sûr, le fait que ce rapport n'aborde pas la situation des populations encore recluses dans les zones d'affrontements, dont les possibilités d'approvisionnement sont encore plus réduites et auxquelles, en dépit de demandes répétées, les humanitaires n'ont toujours pas encore eu accès.