Nigeria: la difficile gestion de l’afflux massif de réfugiés venus du Cameroun

Des femmes dans un camp de réfugiés au Nigeria, le 26 janvier 2015.
© SIA KAMBOU / AFP

Dans le nord-est du Nigeria, l'afflux de réfugiés provenant du Cameroun rend la situation humanitaire complexe. Selon les Nations unies, plus de 5,2 millions de personnes ont besoin d'une assistance alimentaire. Les risques de voir apparaître une famine menacent encore. A cela s'ajoutent donc ces centaines de réfugiés qui affluent ces dernières semaines du Cameroun vers des villes comme Pulka et Banki.

A Banki, il y a déjà près de 45 000 personnes déplacées, qui vivent dans la précarité. Or cette semaine, le Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés a recensé 889 personnes - essentiellement des enfants - qui ont quitté le Cameroun voisin, pour regagner cette ville.

« On manque d'abris, les camps sont surpeuplés, l'accès à l'eau est inadapté et l'aide humanitaire ne suffit pas »,  indique Filippo Grandi, Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés.

Outre les difficultés d'accès, les humanitaires se heurtent à une donnée : le nombre très important et fluctuant de personnes à soutenir. Comme l'explique Yassine Gaba, le chef des opérations humanitaires de l'Union européenne au Nigeria : « C’est une situation qui évolue. On a des mouvements encore de population. Il y a des gens qui retournent, il y a des déplacés qui arrivent à certains endroits où il n’y avait personne avant. Il faut arriver d’une part à répondre à l’urgence, d’autre part à essayer d’anticiper et voir dans quelle mesure on peut maximiser l’impact avec encore une fois des ressources qui sont malgré tout limitées au vu les chiffres ».

D'après Action contre la faim (ACF), à Banki, l'accès à l'eau est restreint. Des maladies telles que le choléra pourrait bien faire leur apparition, comme le craint Yannick Pouchalan, le directeur d'ACF au Nigeria : « On a des épidémies de choléra qui sévissent systématiquement sur les trois ou quatre dernières années. Nous, l’inquiétude est là ».

« Nous n'étions pas préparés à accueillir autant de réfugiés », reconnait un humanitaire, qui s'inquiète pour sa part de la dégradation de la situation humanitaire et sanitaire à Banki.

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