Report du référendum constitutionnel au Mali: une victoire pour l’opposition

Salle de l'Assemblée nationale au Mali.
© Wikimedia

Au Mali, le référendum sur le projet de révision de la Constitution n'aura pas lieu le 9 juillet. Face à une opposition et une société civile qui descendent dans la rue, face à une fronde au sein même de la mouvance présidentielle, Ibrahim Boubacar Keïta a tranché. Sans donner un nouveau calendrier. Le projet devait permettre de relancer les accords d'Alger, mais le nord du pays, à ce jour, ne peut participer au référendum.

« Ne touche pas à ma Constitution »,  voilà ce qu'on entend à Mopti, Sikasso, ou encore Bamako. Soumaïla Cissé demande l'annulation pure et simple du projet de révision. Le patron de l'opposition à l'Assemblée nationale affirme qu'IBK met la charrue avant les bœufs : « Aujourd’hui, on veut faire un référendum dans un pays que le gouvernement ne contrôle pas. Notre souveraineté n’est pas du tout assurée sur l’ensemble du pays. Vous avez des zones entières où il n’y a pas d’administration, pas d’école. Il n’y a rien. Des zones de no man’s land où c’est des attaques au quotidien. Vous savez depuis le début de l’année jusqu’à maintenant, il y a eu près de 500 morts dans ce pays. Et on fait comme si tout va bien. On veut faire un référendum. Le pays est en train d’aller à vau-l’eau ».

Le Parti pour la renaissance nationale (Parena) s'interroge : IBK, futur « monarque » ? Le parti Solidarité africaine pour la démocratie et l'indépendance (Sadi), lui, demande que le palais de Koulouba n'oublie pas les aspirations des Maliens. Fracture politique aussi au sein même de la mouvance présidentielle, Moustapha Dicko de la direction de l'Alliance pour la démocratie au Mali (Adema) pense d'abord au Mali : « Notre pays est dans une situation particulièrement difficile. Le report en soi est une mesure d’apaisement. Maintenant, il faut s’entendre sur le moment le plus propice pour le faire. Il faut que les Maliens discutent. Il faut qu’aucune partie ne soit lésée ou qu’aucune partie ne pense qu’il y a une malice derrière quelque action que ce soit. L’essentiel, c’est le Mali ».

La « malice » d'Ibrahim Boubacar Keïta, pour nombre d'observateurs, c'est la présidentielle de 2018. Se maintenir au pouvoir avec un Nord enlisé et des pouvoirs renforcés.

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