Vote de défiance en Afrique du Sud: au Parlement, Zuma affiche sa sérénité

Le président sud-africain Jacob Zuma, le 19 février 2015 au Parlement.
© REUTERS/Mike Hutchings

En Afrique du Sud, Jacob Zuma ne semble pas inquiet et pourtant, il risque désormais un vote de défiance secret au Parlement. Ce jeudi, la Cour constitutionnelle –saisie par l’opposition– a donné son feu vert au recours aux bulletins secrets alors que ce type de scrutin se faisait jusqu'à maintenant uniquement à main levée. Un changement qui pourrait changer le vote de certains députés de la majorité. Mais le chef de l'Etat affiche malgré tout sa sérénité.

C’est sourire aux lèvres, le ton moqueur que le chef de l’Etat a réagi. Interpellé par l’opposition au Parlement, le président Jacob Zuma a balayé de la main ce verdict de la Cour constitutionnelle. Accusant même l’opposition d’essayer de prendre le pouvoir de façon malhonnête.

« Vous essayez d’obtenir une majorité que vous n’avez pas en ayant recours à un bulletin secret. Ca n’est pas juste. Je pense qu’il faut voter comme nous l’avons toujours fait. Cela sera la 8e motion de défiance contre moi. D’ici la fin de l’année, peut-être qu’on en atteindra 10. Peut-être que c’est votre boulot, en tant qu’opposition, mais le fait est que vous n’avez pas la majorité et vous n’allez pas l’obtenir ».

Un pari risqué

De son côté, le chef de file de la majorité au Parlement a appelé à serrer les rangs dernière le chef de l’Etat. Bulletin secret ou non, affirme Jackson Thembu, les députés ANC ne voteront pas avec l’opposition contre leur président.

Tous les regards sont désormais sur la présidente de l’Assemblée qui doit annoncer sa décision dans les prochaines semaines. Selon plusieurs analystes politiques, cette proche de Jacob Zuma n’a pas vraiment le choix. Elle va devoir accepter un vote à bulletin secret, un pari risqué, ou alors s’expliquer devant la plus haute cour du pays.