Maroc: malgré l'intervention du roi, la contestation continue dans le Rif

Des manifestants du mouvement Hirak le 11 juin 2017 à Al Hoceima au Maroc.
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Au Maroc, malgré l'intervention du roi Mohamed VI, durant laquelle il a critiqué la lenteur de projets de développement et a annoncé des mesures pour remédier à la situation dans le Rif au nord du pays, les manifestants ont à nouveau protesté à Al Hoceïma le jour de l'Aïd el-Fitr et de nouveaux heurts les ont opposés aux forces de l'ordre qui étaient largement déployées.

Lundi 26 juin,  jour de fête au Maroc, les activistes d'Al Hoceïma ont tenu à marquer le coup et ont à nouveau défilé dans les rues de la ville. Après avoir manifesté tous les soirs pendant le mois du ramadan, les militants ont voulu que leur rassemblement soit particulièrement important.

Selon des témoignages et des photos diffusées sur la Toile, les forces de l'ordre, déployées en grand nombre, ont complètement verrouillé Al Hoceïma. Ils ont multiplié des contrôles sur les routes menant à la ville et empêché l’accès des manifestants venant des localités voisines. D'après des témoignages récoltés par l'AFP et des photos diffusées sur la toile, la police a fait usage de la force en utilisant des matraques. Une intervention qui s’est soldée par un nombre encore indéterminé de blessés et une dizaine d'arrestations.

Les protestataires réclament surtout maintenant, la libération des détenus du Hirak. La semaine dernière, 25 activistes jugés au tribunal d'Al Hoceïma ont écopé des peines de 18 mois de prison, neuf autres personnes, ont été condamnées à 36 mois de prison.

Avant la fête, l'espoir d’une libération des détenus sur ordre royal était grand, mais à présent, il laisse place à la colère. Les manifestants demandent la libération de détenus et évoquent toujours leur dignité qui, selon eux, passe avant l'argent et les projets. Mais le dialogue direct entre le pouvoir et les activistes est toujours absent. La situation est dans l'impasse et les critiques d'ONG locales et internationales se multiplient pour dénoncer la « répression » et « les arrestations arbitraires », tout en appelant à la libération des détenus.