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Maroc

Maroc: le mouvement de contestation perdure dans le Rif mais ne s'étend pas

Des manifestants brandissent une image de Nasser Zafzafi, leader du mouvement de protestation dans le Rif marocain, lors d'un défilé à Al Hoceïma le 29 mai 2017.
© AFP/Fadel Senna

Après deux jours d'affrontements et d'arrestations musclées à Al Hoceima, relayées par les réseaux sociaux,— les analystes sont unanimes à s'inquiéter de la situation dans le Rif marocain. La région connaît des manifestations quasi quotidiennes depuis un mois et l'arrestation de la figure charismatique du mouvement de contestation baptisé Hirak, un mouvement qui réclame depuis plusieurs mois l'accès aux soins, à l'emploi et à l'éducation dans cette zone enclavée. Si le sujet enflamme le débat public, le mouvement ne s'est pas étendu au reste du pays.

Un tournant sécuritaire et un souverain qui s'en prend au gouvernement en les privant de vacances : la gestion de la crise dans le Rif suscite interrogations et critiques. Si le mouvement reste toujours circonscrit à cette zone déshéritée du nord-est du pays, le durcissement du face à face entre pro et anti-Hirak, lui, est de plus en plus palpable à Rabat et Casablanca.

Les troubles dans la région d'Al Hoceima, qui perdurent depuis un mois, cristallisent en effet les débats. Une frange de l'opinion - progressistes, droit de l'hommistes et même certains leaders politiques proches du mouvement islamiste - dénonce la dérive répressive des pouvoirs publics, par les arrestations et les dispersions de cortèges manu militari. D'autres au contraire décrient des manifestants séparatistes, violents et fauteurs de troubles, traîtres à leur pays. A l'appui, des photos de visages encagoulés et des bus de police incendiés.

Sur le terrain, les manifestants sont encore nombreux et le quadrillage policier a été resserré. Toutefois, dans la presse et les réseaux sociaux, une certaine déception transparaît vis-à-vis des autorités, accusées d'avoir cédé aux vieux démons de la répression des mouvements contestataires, le plus important depuis celui du 20 février 2011, qui avait poussé le roi Mohamed VI à adopter une nouvelle Constitution réformée garantissant le respect des droits de l'homme.

L'entrée en vigueur de la Constitution en 2011, dans la foulée contestataire du « printemps arabe », garantissait pourtant plus de respect des droits humains, avec la nomination d'un Conseil national des droits de l'homme, qui dans cette affaire s'est fait particulièrement discret.

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