RCA: Bria sous le contrôle de milices d’auto-défense

Hôtel de ville de Bria, RCA, le 11 mars 2015.
© RFI/Pierre Pinto

En RCA, la ville de Bria est toujours aux mains du FPRC, une faction de l'ex-Seleka. Près de 90% des 45 000 habitants de cette ville du centre du pays n'ont toujours pas regagné leur maison. La localité continue de vivre dans la peur depuis l'incursion, la semaine dernière, de membres de milices d'auto-défense venus de la province qui ont fait plusieurs dizaines de morts. A Bria, il n’y a pas d'Etat, seule une légère présence de l'ONU et beaucoup d'hommes armés.

Ils se font appeler « brigade mixte ». Tenue militaire, brassards jaunes, kalachnikov en bandoulière. Ce sont eux qui règnent à Bria, sous le commandement d'Abdoulaye Hissène, le chef de la coalition qui contrôle les deux tiers du pays. Après l'attaque, il y a une dizaine de jours, de groupes d’auto-défense venus de la brousse voisine, Bria compte toujours ses morts. Au moins une cinquantaine selon les dernières estimations. Et la tension est toujours palpable au marché central.

La brigade mixte veille, en se substituant à la gendarmerie, comme l'explique ce combattant : « Nous sommes là pour lutter contre le désordre. Ceux qui se promènent avec des armes, nous allons les désarmer, ceux qui volent, nous allons les empêcher de voler ».

A Ndrou 4, à côté de l'aérodrome, les pillages ont aussi fait rage la semaine dernière. Sous un manguier de ce quartier déserté, un nouveau comité d'auto-défense, composé de chrétiens et de musulmans, monte la garde, fusils à la main.

Noël fait visiter sa maison qui n'est plus qu'une ruine noire de suie. Il est en colère contre les milices d’auto-défense de l'arrière-pays, et continue de protéger ce qui peut l’être encore : « Je dors ici dans le quartier. Je n'ai pas peur, sinon je ne serais pas ici. Nous, on est là pour protéger les biens et les maisons de nos parents ».

En ville, ce sont les contingents marocains et zambiens de la Minusca qui assurent les patrouilles pour protéger les civils. Du moins, officiellement.