Republier
RDC

Fosses communes au Kasaï: des ONG avaient alerté la justice et l'ONU en avril

La ville de Tshikapa, chef-lieu du Kasaï-Central.
© Google Maps

La justice congolaise a annoncé lundi 26 juin l'ouverture d'une enquête sur dix nouvelles fosses communes signalées dans la province du Kasaï, au centre du pays. Où exactement se situent ces sites d'enterrement collectif et qui est responsable des morts qui s'y trouvent ? Voilà quelques-unes des questions auxquelles l'enquête va devoir répondre. Mais à Tshikapa, chef-lieu du Kasaï, un collectif d'ONG, le Réseau des associations de promotion des droits de l'homme au Kasaï, avait alerté la justice congolaise et la mission de l'ONU au Congo fin avril déjà sur l'apparition de ces dix fosses communes et demandé l'ouverture d'une enquête indépendante.

Dans leur rapport daté du 17 avril, envoyé au gouvernement à la Monusco, le Réseau des associations de promotion des droits de l'homme au Kasaï s'inquiète d'une flambée de xénophobie apparue dans le secteur de Tshikapa début mars. Un racisme qui prend d'abord la forme d'attaques contre des locuteurs de la langue luba.

Accusées de soutenir les miliciens Kamuina Nsapu, du nom de ce chef coutumier tué en août dernier après s'être soulevé contre les autorités de Kinshasa, ces populations lubaphones voient d'abord leurs maisons et leurs fermes incendiées. Début avril elles sont plus de 11 000 à chercher refuge dans la localité de Tshikapa, le chef-lieu du Kasaï.

Mais quelques jours plus tard, la xénophobie monte d'un cran et se transforme en massacre. Selon ces ONG, plus de 200 personnes dont des femmes, des vieillards et des enfants sont tués. Leur seul crime est celui de parler luba.

10 fosses communes

Trois fosses communes sont identifiées près du couvent de sœurs de Kamonia, une localité à 75 km au sud de Tshikapa, sept autres vers Sumbula, 150 km plus au sud non loin de l'Angola.

Le réseau d'ONG qui a rédigé le rapport est catégorique : la haine des lubaphones est encouragée par les autorités locales. La milice qui tue serait, elle, financée par des hommes politiques locaux et nationaux et aidée par la police locale, voire même soutenue par les autorités de Kinshasa. Des accusations graves donc, à voire si l'enquête ouverte par la justice congolaise aboutira à ces mêmes conclusions que les ONG du Kasaï.

En début de semaine dernière, le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, le prince Zeid, s'était dit consterné par des informations sur la création d'une milice créée pour soutenir les autorités dans la lutte contre les miliciens Kamuina Nsapu et responsable « d'horribles attaques contre les groupes ethniques luba et lulua ». Informations qui avaient été jugées inconcevables par le porte-parole du gouvernement congolais.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.