Burundi: selon la FIDH, toutes les bases d’une dictature sont en place

Le président Pierre Nkurunziza lors des célébrations du 53e anniversaire de l'indépendance du Burundi, à Bujumbura le 1 juillet.
© AFP PHOTO / MARCO LONGARI

Le Burundi «au bord du gouffre», c'est le titre explicite d'un rapport accablant publié ce mardi 4 juillet par la Fédération internationale des droits de l’homme. Un retour «sur deux années de terreur». Pour l'organisation, le pays s'enfonce dans la violence et la dictature depuis la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat. Le bilan est sombre selon la FIDH avec au moins 1200 morts, des centaines de disparitions forcées, des milliers de torturés et plus de 400000 réfugiés. L'ONG pointe l’installation d’une «dictature durable» au Burundi.

Selon la FIDH, toutes les bases d’une dictature sont en place : un parti Etat, le culte de la personnalité, des célébrations obligatoires, mais surtout, un système répressif déployé sur l’ensemble du territoire qui s’appuie sur les imbonerakure, la ligue de jeunesse du parti au pouvoir que la FIDH, comme l’ONU, qualifie de milice. Aux soupçons d’encadrement militaire des imbonerakure s’ajoutent les nombreux rassemblements recensés par la FIDH cette année. Des rassemblements qui ressemblent de plus en plus à des « défilés militaires » ponctués de chants appelant à la haine.

Ce qui alarme le plus la FIDH, c’est que plus rien ne semble s’opposer à cette dérive. Sur le terrain, note l’ONG, les libertés d’expression, d’associations, d’information sont compléments anéanties. Les derniers militants de l’opposition sont traqués, les ONG interdites et les médias sous contrôle. Sur le plan international, toutes les tentatives de médiations, d’enquête ou de protection des civils ont échoué, déplore la FIDH. Laissant le champ libre au président pour « remodeler en profondeur » la société burundaise et préparer l’amendement de la Constitution qui devrait lui permettre de briguer encore un nouveau mandat en 2020.

L'ONG appelle donc la communauté internationale à agir et avance plusieurs pistes comme le déploiement d'une force de policiers onusiens, la création d'une force de l’Union africaine chargée de la protection des civils ou encore des sanctions ciblées contre des responsables gouvernementaux.

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