Burundi: la Ligue des droits de l'homme parle de «dictature», Bujumbura conteste

La police burundaise interroge un homme à un barrage routier à Bujumbura, le 6 juillet 2015. (Photo d'illustration)
© AFP PHOTO / Landry NSHIMIYE

Suite au rapport de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) dressant le bilan de deux années de répression au Burundi, la ligue burundaise des droits de l'homme Iteka dénonce l'installation d'une «dictature durable» dans le pays. Des accusations que conteste le gouvernement qui évoque au contraire un retour au calme.

«Le Burundi au bord du gouffre, retour sur deux années de terreur»: c'est le titre du dernier rapport de la FIDH, rédigé en partenariat avec plusieurs ONG burundaises. La Fédération internationale des Ligues des droits de l’homme fait le bilan de deux années de répression au Burundi et dresse le portrait d’une « dictature » en construction.

Il s’agit de faire un point sur la répression qui sévit dans le petit pays des grands lacs, secoué par une violente crise politique depuis la décision du président de briguer un troisième mandat au printemps 2015. Une crise qui aurait selon la FIDH déjà causé au moins 1 200 morts, des centaines de disparitions forcées, des milliers de torturés et plus de 400 000 réfugiés.

Anschaire Nikoyagize, président de la Ligue burundaise des droits de l'homme Iteka, interdite d’activité par les autorités, pointe l’installation d’une « dictature durable » au Burundi.

« Il y a la radicalisation de la milice Imbonerakure qui a presque remplacé le travail de la police. Dans presque tout le pays, il y a des entrainements, surtout les week-ends. Ils font des rondes nocturnes avec leurs armes dans quelques provinces. Il y a vraiment une dictature qui s’installe, il y a une chasse à l’homme. Chaque semaine, il y a au moins dix personnes assassinées et le même nombre qui est porté disparu », dénonce-t-il.

Comme les autres rapports de la FIDH, ceux produits par les organisations internationales et même ceux de l’ONU, celui-ci est balayé d’un revers de la main par le gouvernement burundais. Selon Bujumbura, la situation dans le pays n’est pas comparable à celle de 2015 et le pays vit aujourd’hui dans la paix et la sécurité.

« Il s’agit de manipuler et de tromper l’opinion, puisque le rapport qui a été produit par la dernière Conférence des évêques du Burundi qui se trouvaient sur le terrain et le Barreau des avocats africains qui a séjourné dans notre pays et qui a trouvé que la situation évolue, réagit Martin Nivyabandi, ministre Burundais des Droits de l'homme. Les contredire c’est ignorer la réalité. La situation a beaucoup évolué. On n’entend plus des crépitements d’armes dans la nuit ; les institutions fonctionnent ; les gens vaquent quotidiennement à leurs activités… C’est ça les droits de l’homme ! »

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