Maroc: les autorités jouent la carte de l'apaisement à Al Hoceïma

Des policiers anti-émeutes montent la garde face à des manifestants à Al Hoceïma, le 3 juin 2017. (Photo d'illustration)
© REUTERS/Youssef Boudlal

Alors que la contestation se poursuit à Al Hoceïma et que des dizaines de manifestants dont des cadres du mouvement ont été condamnés à des peines allant jusqu’à 18 mois de prison ferme, les autorités semblent maintenant jouer l’apaisement. Ce lundi 3 juillet, le gouverneur de la province, Fouad Chourak, a annoncé le retrait progressif des forces de l’ordre qui contrôlaient les voies d’accès et quadrillaient la ville.

La décision serait venue « directement » du roi Mohammed VI, affirme le gouverneur de la province. Depuis plusieurs semaines, les militants dénonçaient une « militarisation » de la zone. Reste à voir si ces mesures porteront leurs fruits. Ce mercredi matin, de nouvelles images de manifestations circulaient déjà sur Internet.

En tout cas, beaucoup s’interrogent sur les raisons qui ont poussé les autorités à faire ce geste maintenant. C’est actuellement le début de la saison touristique dans le Rif. Et dimanche dernier, les images de policiers pourchassant les manifestants en maillot de bain jusque sur les plages avaient fait le tour des réseaux sociaux.

Ce mardi 4 juillet le gouverneur de la province a donc annoncé le retrait progressif des forces de l'ordre qui contrôlaient les voies d'accès et quadrillaient la ville, et le gouverment a annocné un plan d’urgence en faveur du tourisme dans la région.

Mohamad Zayan, l'un des avocats du mouvement Hirak et ancien ministre des Droits de l'homme perçoit cette annonce comme « un pas en avant ». Il attend néanmoins plus de la part des autorités et continue de réclamer la libération de tous les manifestants arrêtés.

Le fait de retirer des forces de la ville et surtout des grandes places a satisfait la population et a eu surtout un effet très, très positif. Maintenant est-ce qu'on les a retirées parce qu'on veut les renouveler par des forces plus fraîches ou est-ce qu'on essaie de jouer à l'apaisement en faisant le premier pas ?

Mohamad Zayan
05-07-2017 - Par Carol Valade

« Mauvais traitements »

Cette décision intervient alors que la presse a publié des extraits d’un rapport du Conseil national des droits de l’homme portant justement sur la répression des manifestants dans le Rif. Il s’agit de deux notes de médecins qui évoquent de « mauvais traitements » et concluent à un possible recours à la  « torture » selon l’AFP qui a pu les consulter. Ces notes viendraient confirmer les témoignages recueillis par les ONG et les avocats des manifestants.

Le CNDH a exprimé son « étonnement » quant à ces fuites, assurant que le rapport n’est pas terminé. Mais elle ne dément pas l’« authenticité » des documents. La police a de son côté rejeté de façon « catégorique » ces accusations. Quoi qu’il en soit, ces documents sont dorénavant entre les mains des parquets de Casablanca et Al Hoceïma.

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