Burkina Faso: pourquoi l'ONU exige la libération «immédiate» de Djibrill Bassolé

Djibrill Bassolé lorsqu'il était ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, le 4 octobre 2013, à Ouagadougou.
© AFP PHOTO / AHMED OUOBA AHMED OUOBA / AFP

Selon une information de La Lettre du continent, le groupe de travail sur la détention arbitraire des Nations unies demande la libération immédiate de Djibrill Bassolé. L'ancien ministre burkinabè des Affaires étrangères est emprisonné depuis près de deux ans pour son rôle présumé dans la tentative de coup d'Etat de septembre 2015. Le groupe d'experts de l'ONU qualifie sa détention «d'arbitraire». RFI a pu authentifier le document.

Au cœur de la décision du groupe de travail, le fait que Djibrill Bassolé ait été réintégré « de manière rétroactive » dans la gendarmerie « alors qu'il était déjà en détention » et qu'il soit traduit du coup devant la justice militaire. Car Djibrill Bassolé avait bel et bien retrouvé son statut de civil au moment des faits.

Pour les experts de l'ONU, « il doit donc être jugé par la justice civile ». Et les experts sont très clairs : « soumettre M. Bassolé à la justice militaire viole son droit à un procès équitable de façon irrévocable. Cette violation est telle que la détention en devient arbitraire et que M. Bassolé doit dès lors être libéré ». C'est ce qu'on peut lire dans le document qui demande même « sa libération immédiate » qui serait, selon le texte « sans préjudice pour le gouvernement ».

Le gouvernement justement va-t-il s'exécuter ? « De manière générale, explique un des experts du groupe de travail, à partir du moment où les Etats ont ratifié la charte des Nations unies et le pacte international des droits civils et politiques, ils sont tenus d'appliquer nos décisions. »

Me Alexandre Varaut, un des avocats de Djibrill Bassolé, attend maintenant la suite. « Le Burkina Faso est membre des Nations unies, le Burkina Faso a participé à cette procédure, il faut maintenant qu’il s’exécute, soutient-il. Et le président de la République, qui est le garant des institutions de son pays, je lui demande de tout simplement considérer la décision des Nations unies et de s’y plier. Et de faire en sorte que M. Bassolé soit libéré et qu’il ait également la possibilité de se soigner parce que c’est une nécessité humaine. »

Une source gouvernementale affirme pour sa part que le gouvernement vient seulement de recevoir le document. « Nous avons besoin d'en prendre connaissance avant de nous prononcer », précise-t-elle.

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