Libye: Benghazi libérée conforte le maréchal Haftar dans sa quête du pouvoir

Le général Khalifa Haftar entouré de son "état-major" lors d'une conférence de presse, à Abyar, près de Benghazi, le 21 mai 2014.
© REUTERS/Esam Omran Al-Fetori

L'annonce de la libération de la ville de Benghazi par le maréchal Khalifa Haftar suscite une pluie de réactions en Libye et à l'international. Considérée par plusieurs capitales comme une avancée dans la lutte contre le terrorisme, cette progression des forces de l'est libyen consacre Haftar comme l'homme fort de la Libye. Dominant le sud, le centre (croissant pétrolier) et l'est du pays, le maréchal, qui était exclu de l'accord politique de Skhirat de 2015, imposera-t-il par la force ce qu'il n'a pas eu par le dialogue? Son annonce de «contrôle total» de Benghazi le conforte dans sa quête du pouvoir, et il se dit prêt à nouveau à aller jusqu'à Tripoli.

Il y a quelques jours déjà le porte-parole de l'armée nationale libyenne (ANL), dirigée par Khalifa Haftar, révélait être en possession « de formations d’armées secrètes dans l'ouest du pays, formées des fils même de cette région », selon Ahmed al-Mismari. Une déclaration qui rappelle le scénario de la prise du sud de la Libye. En avril dernier, plusieurs forces et brigades de l'ancienne armée se sont alliées alors à Khalifa Haftar, lui permettant de contrôler cette région.

Aujourd'hui, il demande aux forces de Misrata qui ont combattu l'organisation Etat islamique à Syrte de se joindre à lui. Depuis la crise du Qatar, le rapport de forces penche en sa faveur alors que l'Islam politique en Libye, une constellation qui va des Frères musulmans jusqu'à l'EI, se trouve en position de faiblesse.

Rebattre les cartes

L'encerclement du Qatar renforce, aussi, les alliés extérieurs qui soutiennent Haftar : les Emirats arabes unis, l'Egypte et le Tchad. Ce recul net du rôle du Qatar en Libye et le « contrôle total » annoncé de Benghazi par l'ANL, en plus du sud et du croissant pétrolier, obligent les belligérants à rebattre les cartes.

De plus, ces derniers développements coïncident avec l'arrivée en Libye d'un nouvel émissaire de l'ONU. L'annonce du nom de Ghassan Salamé a suscité une vague d'espoir pour la reprise du dialogue national.