Les Nigérians sans nouvelles de Muhammadu Buhari depuis deux mois

Le président nigérian Muhammadu Buhari le 20 septembre 2016 à New York.
© REUTERS/Eduardo Munoz

Deux mois sans faire une seule apparition télévisée. Deux mois sans dire un mot sur l'état du pays. Le président nigérian, Muhammadu Buhari est toujours à Londres pour un « congé médical ». La nature de sa maladie n'a pas été révélée, mais lors des rares apparitions en public, le président nigérian semblait amaigri et affaibli. Les habitants sont plongés dans l'attente.

Sa dernière déclaration publique a été courte et a suscité quelques débats. Il y a un mois, Muhammadu Buhari a fait diffuser un enregistrement sonore pour célébrer la fin du ramadan. Un message de vœux prononcé en langue hausa, langue essentiellement parlée dans le nord du pays, et qui a suscité dans la presse de nombreuses analyses.

Depuis deux mois, les Nigérians n'ont pas vu une image de leur président.L'absence de communication laisse place à un vide. Et les Nigérians oscillent entre l'attente et les rumeurs qui circulent sur internet. Ces dernières semaines en effet, certains médias prêtaient des maladies très graves au président. On lui disait de lui, qu'il n'aurait plus toutes ses facultés mentales, qu'il n'était plus en mesure de parler. Début juin, les Nigérians se sont contentés d'une indication, livrée par la Première dame, au retour d'un voyage à Londres. Aisha Buhari affirmait alors que le président récupérait « rapidement ».

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Depuis deux mois, le vice-président, Yemi Osinbajo, assure l'intérim. Le co-listier de Muhammadu Buhari lors de présidentielle de 2015 élargit son champ d'action : jusque-là, il était cantonné aux dossiers économiques. Mais depuis quelques mois, le vice-président s'implique dans des dossiers sécuritaires, comme la crise du delta du Niger ou encore les violences qui ensanglantent le sud de l'Etat de Kaduna.

Seulement l'absence physique de Muhammadu Buhari entraîne, de fait, certaines lenteurs. En témoigne le budget 2017, qui n'a été validé par la présidence qu'en juin.

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