L'Unesco inscrit la réserve naturelle W-Arly-Pendjari au patrimoine mondial

Porte d'entrée du parc National de la Pendjari, au nord-ouest du Bénin.
© Wikimédia Commons CC BY-SA 3.0 Fawaz.tairou

Le Comité du patrimoine mondial de l'Unesco a inscrit vendredi 7 juillet la réserve naturelle du Complexe W-Arly-Pendjari, à la frontière entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger, sur la liste du patrimoine mondial.

Une nouvelle réserve a été inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco. Il s'agit de la réserve naturelle W-Arly-Pendjari, à la frontière entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger. Le parc national du W dans sa partie nigérienne était déjà inscrit au patrimoine mondial depuis 1996.

L'Unesco a donc décidé d'étendre cette mesure à toute la réserve naturelle.

C’est d’abord un sentiment de satisfaction et un sentiment d’un travail accompli. Parce qu’il faut le dire c’est depuis 2010-2011 qu’une commission a été mise en place, une commission de techniciens pour pouvoir vraiment réfléchir sur cette inscription, sur l’élaboration du dossier afin d’aboutir aujourd’hui à ce résultat. La confluence de la frontière de ces trois pays est comme par bonheur un havre de paix pour la conservation de la biodiversité, notamment les enfants. Aujourd’hui, il n’existe nulle part ailleurs dans la zone des éléphants. Uniquement dans le Complexe du W-Arly-Pendjari. Il y a aussi les lions. Aujourd’hui le lion est classé une espèce en danger critique d’extension. Donc, s’il n’y a pas ces aires protégées, eh bien, nos enfants ne verront plus les lions que dans les zoos ou les musées.
Hamissou Halilou Malam Garba, chef de la division aires protégées au ministère nigérien de l'Environnement
07-07-2017 - Par Marie-Pierre Olphand

L'aboutissement d'un travail de plusieurs années pour les experts et une nouvelle qui consacre la bonne gestion de la réserve et réaffirme la nécessité de sauvegarder l'ensemble de cet écosystème à cheval sur trois pays, comme l'explique Hamissou Halilou Malam Garba, chef de la division aires protégées au ministère nigérien de l'Environnement.

« C'est la même unité écologique, c'est des aires protégées qui sont contiguës, donc si vous conservez d'un côté et que vous ne conservez pas de l'autre, c'est peine perdue, explique-t-il. Depuis longtemps, chacun a voulu tirer la couverture de son côté. A l'épreuve des faits, on a vu que ça n'allait pas et c'est pourquoi on a mis nos efforts en commun. »

Des efforts qui visent notamment à mieux surveiller la zone. La partie nigérienne du parc du W qui est inscrite au patrimoine mondial depuis plus de 20 ans reste une terre pour les braconniers mais aussi les éleveurs. « Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le gros défi n'est pas le braconnage, mais le pâturage illégal, affirme-t-il. Dans le cas des aires protégées, en fonction de leur position, souvent les éleveurs sont tentés de mettre le bétail à l'intérieur de ces zones. »

Des défis difficiles à relever malgré les patrouilles transfrontalières déjà en vigueur dans cette immense aire protégée. Notamment par manque de moyens logistiques.