ONU: le Botswana finance un «mécanisme d'enquête international» en Syrie

Le Botswana est le seul pays africain à avoir accepté de financer le «mécanisme d'enquête international» pour la Syrie proposé par l'ONU.
© Andrew Burton/Getty Images/AFP

Les Nations unies ont nommé une juge française pour commencer à faire la lumière sur d’éventuels crimes internationaux en Syrie. Catherine Marchi-Uhel sera à la tête d’un « mécanisme d’enquête international », qui doit y rassembler les preuves permettant de juger les auteurs des plus graves violations du droit international depuis 2011. Cette structure est financée par les contributions volontaires d’une vingtaine d’Etats. La plupart des bailleurs de fonds sont européens, mais un pays africain, un seul, a mis la main à la poche : le Botswana.

Lorsqu’il est question de droits de l’homme, le Botswana n’est pas le meilleur élève de la classe africaine. On n’y trouve pas de commission nationale des droits de l’homme. La peine de mort n’y a pas été abolie et l’homosexualité reste interdite.

Mais lorsqu’il est question de droit international, Gaborone est intraitable. Quand l’ONU lui a demandé de contribuer à un « mécanisme » permettant d’enquêter sur des crimes de guerre en Syrie, il a répondu présent – contrairement à tous les autres Etats africains.

« Je ne peux pas m’exprimer au nom des autres pays qui n’ont pas souhaité apporter leur contribution ; ils auront leurs raisons. Mais, en ce qui nous concerne, notre conscience, nos obligations morales, nous empêchent de rester les bras croisés », explique Thuso Ramodimoosi, un responsable du ministère botswanais des Affaires étrangères.

Il ne faudrait pas s’en étonner. Le mois dernier déjà, au Conseil des droits de l’homme, à Genève, le Botswana avait voté en faveur d’une résolution appelant la Syrie à autoriser la venue d’enquêteurs internationaux. La plupart des pays africains s’étaient abstenus. L’un d’eux avait même voté contre, le Burundi.

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