[Reportage] Madagascar: la cocoteraie Soavoanio se relève après le cyclone Enawo

Entre le cocotier mis en terre et la première production, il va s'écouler 4 ans minimum.
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Il y a quatre mois, le cyclone Enawo frappait de plein fouet la côte nord-est de Madagascar. Cette côte, réputée pour sa vanille, abrite aussi la plus grande cocoteraie de l'océan Indien. Plus de 800 000 cocotiers produisent chaque année des millions de tonnes de noix de coco vendues dans toute la moitié nord de l'île ainsi qu'à Mayotte, à Maurice et aux Comores. Or, le 8 mars dernier au matin, la plantation s'est réveillée avec des milliers d'arbres déracinés et des dégâts matériels considérables. Un coup dur pour la filière, qui semble néanmoins se relever de cette catastrophe naturelle.

S'élançant vers le ciel sur plus de 60 km de côte et 5 000 hectares, ils font partie du paysage de Sambava et ses environs depuis 1975. Eux, ce sont les « Cocos nucifera », les cocotiers de la plantation Soavoanio, une société à participation majoritaire de l'Etat. Mais depuis mars dernier, la carte postale a bien changé. Près de 80 000 arbres ont été arrachés, les infrastructures de transformation de la coco sont dévastées après le passage du cyclone Enawo.

Claude Andreas est le directeur général de la cocoteraie depuis sa création. Il explique que « quand le cyclone est passé, c'était vraiment catastrophique, parce que toutes les maisons des employés, les cases, étaient à terre. Il y avait des noix de coco partout, surtout des noix immatures. Donc en moyenne, nous avons perdu environ 10% de la production. Actuellement, on est en pleine replantation pour renouveler les parties arrachées. Mais entre le cocotier mis en terre et la première production, il va s'écouler 4 ans minimum avant que cela donne ».

Montant des pertes et des dégâts : 1,4 milliard d'ariary, soit plus de 410 000 euros. Un gouffre pour la plantation. Mais Claude Andreas en a vu d'autres. Lui et sa société ont déjà rebondi.

« L'année dernière, on était à 13 millions de noix. On devait arriver à 16 millions de noix cette année. Mais à cause du cyclone et des pertes, on a revu nos estimations à la baisse et on vise les 14 millions. Je reste optimiste parce que nous avons eu des crises beaucoup plus dures que le cyclone. Nous avons affronté les crises politiques. Il ne faut pas oublier qu'en 2009, on est passé de 17 millions à 4 millions de noix. Donc on reste positifs. Ce n’est pas un cyclone qui va nous abattre », assure le dirigeant.

Ainsi, d'ici 4 ans, et sauf nouveau cyclone, la plantation devrait avoir retrouvé ses allures d'antan et battre son record de production.