Côte d’Ivoire: 2 ans après son arrestation, l’ex-ministre Assoa Adou devant la justice

Le palais de justice d'Abidjan, en février 2014.
© RFI / Matthieu Millecamps

En Côte d’Ivoire, après un dernier report, le procès d’Assoa Adou s’est bel et bien ouvert devant la cour d’assises d’Abidjan, ce jeudi 13 juillet. L’ancien ministre et ancien directeur de campagne de l’ex-président Laurent Gbagbo est en prison depuis janvier 2015.

L’ancien ministre Assoa Adou fait face depuis ce jeudi matin aux juges de la Cour d’assises. Des juges qui se sont fait attendre puisque l’audience a démarré avec plus d’une heure trente de retard.

Côté défense comme côté accusation, les avocats sont tous présents et nombreux dans le box. Et au centre de toutes les attentions, l’accusé Assoa Adou est apparu dans la salle fatigué, mais souriant. Les traits tirés, l’ancien ministre a salué brièvement ses partisans sous les flashs de quelques photographes, avant de s’asseoir aux côtés de ces sept co-accusés.

Détenu depuis 2015

Les détenus ont ensuite été appelés par la sécurité à se tenir debout, en ligne, face à la Cour. Elle doit juger Assoa Adou pour complot contre l’autorité de l’Etat, organisation de bandes armées, détention illégale d’armes à feu et de munitions et complicité d’attentat contre l’autorité de l’Etat. De lourdes accusations pour lesquelles il est emprisonné depuis deux ans.

A son retour d’exil en 2015, le proche de l’ancien président Laurent Gbagbo a été arrêté par les forces de l’ordre. Contrairement à Hubert Oulaye, ex-ministre de la Fonction publique pendant la présidence de Laurent Gbagbo, Assoa Adou, n’a jamais bénéficié d'une remise en liberté provisoire.

Questions de procédure

Pour l'avocat de la défense Maître Martial Gahoua, Assoa Adou devrait bénéficier d'une procédure spéciale. « Les anciens membres du gouvernement sont justiciables d’une procédure particulière. Il y a une loi de 2005, en combinaison avec l’article 5-48 du Code de procédure pénale, qui le prévoit. Mais là, il est jugé comme un citoyen ordinaire, ce n’est pas normal ! »

Pourtant, d'autres ministres de l'ancien président Laurent Gbabgo ont été jugés devant cette cour d'assises, explique Maître Soungalo Coulibaly, avocat de l'accusation. « La défense devait soulever cela avant, durant l’instruction ou au cours de l’enquête préliminaire. Ils ne l’ont pas fait. Il n’est plus possible de soulever cela devant la cour d’assises. Des anciens ministres ont été jugés ici, des membres du gouvernement de Laurent Gbagbo ont été jugés, certains condamnés et d’autres ont été remis en liberté et cette question n’a pas été soulevée. »

Après les batailles de procédures, le président appelle tour à tour 4 accusés à la barre pour leur interrogatoire. La cour a ensuite suspendu l'audience jusqu'au lundi 17 juillet.

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