Nigeria: le vice-président s'est rendu à Londres pour voir Muhammadu Buhari

Les Nigérians n'ont plus de nouvelles de leur président Muhammadu Buhari depuis près de deux mois.
© SEYLLOU / AFP

Cela fait plus de deux mois que le président nigérian Muhammadu Buhari est au Royaume-Uni pour suivre un traitement médical. Son vice-président Yemi Osinbajo lui a rendu visite à Londres et a annoncé le prochain retour au Nigeria du titulaire du poste, sans toutefois préciser de date de retour. Il a trouvé que Muhammadu Buhari semblait bien récupérer. Mais l'absence d'image de cette rencontre à Londres entre les deux leaders de l'exécutif du Nigeria continue d'alimenter les rumeurs.

« Une vidéo du Président Buhari s'adressant à la nation, sinon rien ». C'est en substance le nouveau message d'Ayodele Fayose. Depuis plusieurs mois déjà le très remuant gouverneur de l'Etat d'Ekiti mène une campagne médiatique, et son activisme et ses provocations trouvent écho sur les réseaux sociaux nigérians.

Fayose réclame la transparence autour de l'état de santé de Muhammadu Buhari, et clairement une nouvelle fois, il est loin d'être convaincu par le compte-rendu fait par le vice-président Yemi Osinbajo de sa visite auprès de Muhammadu Buhari.

Yemi Osinbajo a surtout insisté sur le bon moment passé avec le président nigérian. Selon lui, l'échange a duré une heure. En revanche le Président intérimaire n'a pas dévoilé le contenu de sa conversation avec le chef de l'Etat. Osinbajo a tout juste concédé qu'ils auraient abordé de manière large un certain nombre de problématiques intérieures au Nigeria, mais également aussi des points sur les relations internationales. Yemi Osinbajo était en Ethiopie pour le dernier sommet de l'Union africaine, puis au G20 d'Hambourg en Allemagne.

Pour de nombreux observateurs politiques au Nigeria, cet aller-retour entre Londres et Abuja était nécessaire. D'autant que de nombreux nœuds de tensions perturbent l'intérim de Yemi Osinbajo notamment le maintien en fonction d'Ibrahim Magu en tant que responsable de la lutte contre la corruption et les crimes économiques alors que la confirmation de cette nomination n'a toujours pas été validée par le Sénat.