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Madagascar

Perquisition chez un journaliste après une parodie de la chaîne YouTube du président malgache

Le journaliste de la chaîne de télévision privée Viva, Fetra Rakotondrasoa (à droite) et son avocat (à gauche) après la perquisition de son domicile par les forces de l'ordre mardi 18 juillet.
© RFI/Laetitia Bezain

A Madagascar, l'affaire de l'émission parodique de la chaîne YouTube du président de la République continue. Cette émission intitulée «Tsy Mahaleo ny sampona», tiré d'un proverbe malgache et qui signifie en français «on ne peut pas éviter l'accident», initiée par le Mouvement pour la liberté d'expression (MLE) parodie des vidéos de la chaîne YouTube du chef de l'Etat malgache. L'animateur, qui avait pris la fuite la semaine dernière, a finalement été auditionné par la gendarmerie pour «port illégal de tenue militaire». Mardi 18 juillet, c'est un autre journaliste, Fetra Rakotondrasoa, porte-parole du Mouvement pour la liberté d'expression, qui a été convoqué par les forces de l'ordre. C'est lui qui avait présenté la deuxième émission parodique.

Convoqué à 10 heures au service des affaires criminelles de la gendarmerie nationale, le journaliste Fetra Rakotondrasoa n'est ressorti qu'à 14 heures. Une longue audition qui s'est poursuivie par une perquisition à son domicile.

Objectif des forces de l'ordre : mettre la main sur la tenue militaire qui a servi lors de la première émission. « Paraît-il que c’est lui [Fetra Rakotondrasoa, ndlr] qui a fourni l’uniforme en question, explique l’avocat du journaliste Maromanana Aliarevelo. Ça fait partie des accessoires quand on fait des films, quand on fait des émissions. Je n’arrive pas à expliquer pourquoi ils font ça. Là, on va vraiment dans une dérive autoritaire. »

Repartis bredouilles, les gendarmes ont laissé le journaliste libre. « Ce qui s’est passé aujourd’hui, ça remet en cause la valeur de la démocratie à Madagascar, affirme Didi Ratsimbazafy, le vice-président de l'Ordre des journalistes de Madagascar qui était aux côtés du Fetra Rakotondrasoa lors de la perquisition. Une opération de ce genre, c’est la deuxième fois en un mois. Et cela s’inscrit dans des enquêtes criminelles. Donc là, je pense que, actuellement, on devrait se remettre en cause. Est-ce qu’on est en train de confondre le journaliste et le criminel ? »

La gendarmerie maintient que le problème n'est pas la parodie en elle-même, mais le port illégal d'une tenue militaire. « Actes d'intimidation et d'acharnement », a rétorqué le Mouvement pour la liberté d'expression dans un communiqué publié mardi 18 juillet au soir.

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