Corruption au Tchad: un bilan en demi-teinte pour les 2 ans de l’Inspection générale

Soldats tchadiens devant le tribunal de Ndjamena (image d’archive).
© Thomas SAMSON/Gamma-Rapho via Getty Images

Au Tchad, l'Inspection générale d'Etat fait un bilan de ses actions. Créée il y a deux ans, avec pour mission de traquer les agents publics indélicats, l'institution rattachée à la présidence de la République dit vouloir s'améliorer pour être plus efficace.

L'Inspection générale d'Etat est dans certains pays l’équivalent du vérificateur général. En deux années de service, l’organe rattaché à la présidence de la République dit avoir mis à jour des choses graves. « Trois missions ont été conclues. Le recouvrement effectif et réel de l’Inspection générale d’Etat a atteint 59,8 milliards », explique en effet Senoussi Mahamat Ali, inspecteur général d’Etat.

Ce sont surtout les agents des douanes, impôts, Trésor, et certains policiers qui sont indexés. Faux en écriture, émission de fausses quittances, comptabilité parallèle ont été pointés par une récente mission au ministère des Finances. Des fonctionnaires totalisant moins de 10 ans de carrière affichent un train de vie bien au-delà de leur salaire.

Et quand l’Inspection générale d’Etat pointe le nez, ils font bloc pour lui barrer la route, comme le confirme Issa Mahamat Abdelmahmou, inspecteur général adjoint d’Etat : « Les agents du Trésor se sont organisés pour nous empêcher de rentrer en possession des archives. »

Les contrôles se terminent souvent par des procédures judiciaires qui conduisent ces agents en prison. Mais la faiblesse du système judiciaire profite toujours à ces agents indélicats. Il y a un an au cours d’un discours public, le chef de l’Etat parlant de la corruption et des détournements a lancé : « Vous avez assez volé. S’il vous plait, arrêtez de voler. » Mais depuis, les choses n’ont pas beaucoup changé.