Centrafrique: situation toujours très tendue à Bangassou

Scène de la vie quotidienne des réfugiés à Bangassou en République centrafricaine (RCA), mai 2017.
© SABER JENDOUBI/AFP

Situation très tendue à Bangassou, dans le sud-est de la Centrafrique après des prises d'otages entre les communautés chrétienne et musulmane hier, vendredi 21 juillet. Ces événements interviennent après la visite du coordonnateur humanitaire Stephen O'Brien, en début de semaine dans la ville.

Vendredi dans l'après-midi, c'est d'abord une déplacée musulmane enceinte qui a été kidnappée par des membres des groupes d'auto-défense qui contrôlent la ville depuis plusieurs mois. En représailles, des habitants du site du Petit séminaire où sont réfugiés environ 2 000 musulmans, à côté de la cathédrale, ont eux-mêmes empêché de sortir du séminaire des personnels de l'ONG Caritas. Après des négociations qui ont eu lieu ce samedi matin, toutes ces personnes sont désormais libres.

Tensions à Bangassou

Mais entre-temps, la tension a été vive à Bangassou. Des Casques bleus du contingent marocain de la Minusca ont essuyé des tirs venant des groupes d'auto-défense.

Selon l'évêque de Bangassou, actuellement à Bangui, les déplacés regroupés au séminaire s'en sont pris aux biens de l'évêché voisin. Motos brûlées, voitures détruites, église pillée : autant d'actes de violences qui témoignent de la situation toujours très tendue dans la ville.

Pour l’homme d’Eglise, c’est incompréhensible. « Je sais que nous avons hébergé des musulmans. Peut-être que nous avons évité qu’ils soient égorgés. Il y a toujours 15, 20 radicaux qu’on ne peut pas maîtriser. Ce sont eux qui ont pillé et saccagé la cathédrale. Je ne sais pas, je ne peux pas comprendre. »

Après les violences de ces derniers mois, qui ont causé la mort d’une centaine de personnes à Bangassou, l’évêque tient à calmer les esprits et souhaite un retour rapide à la paix. « Il faut que nous retrouvions la paix. Nous avons vécu ensemble, musulmans et non musulmans, pendant des années. Cela fait 37 ans que je suis dans ce pays et j’ai vécu les derniers 33 ans dans le calme. La dignité humaine, la qualité de vie vont gagner avec la paix. Par contre avec la guerre, on perd tout. »

Regain de violence en RCA

Depuis plusieurs mois, la Centrafrique connaît un regain de violence, souvent de nature confessionnelle, ayant entraîné le déplacement de plus de 200 000 personnes et causé plusieurs centaines de morts.

Avec ces nouveaux affrontements, des habitants ont pris la fuite vers le Congo voisin, rejoignant ainsi des milliers de réfugiés déjà présents de l’autre côté de la frontière après les violences de ces derniers mois.

De son côté, une partie de la communauté humanitaire a décidé d'interrompre de manière temporaire ses activités en relocalisant certains de ses personnels, dans l'attente d'une accalmie.