Elections au Congo-Brazzaville: le PCT de Sassou Nguesso en tête au premier tour

Un bureau de vote à Brazzaville (illustration).
© AFP PHOTO/GUY-GERVAIS KITINA

Le Congo-Brazzaville attendait les résultats des élections législatives et locales du 16 juillet dernier. Le 21 juillet, le ministre de l'Intérieur les a proclamés. Sans surprise, le parti au pouvoir, le Parti congolais du travail (PCT) du président Denis Sassou Nguesso, est largement en tête.

Selon les résultats lus à la télévision officielle, le Parti congolais du travail (PCT) a gagné 70 sièges dès le premier tour des élections législatives du 16 juillet dernier au Congo-Brazzaville. Par ailleurs, 28 de ses candidats sont en ballottage pour le second tour fixé au 30 juillet prochain.

Loin derrière le PCT, sept indépendants qui se réclament de l’Union des démocrates et humanistes-Yuki (UDH-YUKI) de l’opposant Guy-Brice Parfait Kolélas ont été élus et quatre autres sont qualifiés pour le second tour.

Boycott et report

L’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) a réussi à élire trois candidats, dont son premier secrétaire, Pascal Tsaty Mabiala. Six autres candidats de l’UPADS, reconnue comme la première formation d’opposition, sont en ballotage pour le second tour.

Une frange de l’opposition a boycotté ces élections. De manière générale, les électeurs se sont mobilisés à l’intérieur du pays, mais la participation a été relativement faible à Brazzaville et Pointe-Noire, la capitale et la deuxième ville du pays, à en croire le ministère de l’Intérieur.

Ce dernier a annoncé que dans les circonscriptions de Kingoué et Kéllé, où des troubles ont été enregistrés, le vote sera réorganisé après-demain, lundi 24 juillet. En revanche, aucune date n’a été fixée pour neuf des 14 circonscriptions de la région du Pool, où le vote a été reporté.

L'opposition s'étonne des résultats

« Ce n'est pas évident, de nager dans une mare de crocodiles ». C'est ainsi que Guy-Brice Parfait Kolélas résume le sentiment qui domine dans l'opposition congolaise. car si le parti au pouvoir s'enorgueillit de son succès, l'opposition, elle, s'en étonne et parle de plusieurs cas de fraudes au profit de candidats du pouvoir.

« D’une manière générale, je suis satisfait sur le terrain de Brazzaville-Sud, Brazzaville-Nord, mais dans la partie septentrionale du Congo je ne suis pas satisfait puisqu’il y a eu beaucoup de heurts. Tout comme à Pointe-Noire, la capitale économique, il y a des circonscriptions où il y a eu beaucoup de problèmes. Ce que nous avons constaté ce sont des fraudes. Il y a eu des députés qui ont brûlé les urnes », déplore Guy-Brice Parfait Kolelas. « Dans l’arrondissement 2 Mfilou, notre champion devait partir au second tour avec 34 ou 35 %, le second avait 22 % et c’est le second qui a été déclaré élu. Là aussi, il faut qu’on nous dire par quelle alchimie. Celui qui a été élu c’est toujours l’élu du PCT ou l’élu de la majorité qui est passé », s'étonne-t-il.

Des accusations de fraude que réfute le porte-parole du PCT Serge Michel Odzocki. « En pareille circonstance il y a toujours ce qu’on pourrait appeler gentiment de mauvais perdants (...) S’il y en a qui pensent qu’ici ou là ils ont été lésés, eh bien ils n’avaient qu’à faire des recours, réunir les dossiers et les introduire auprès des autorités compétentes », lance-t-il. « Nous en avons perdu aussi des candidats qui n’ont pas été élus. Est-ce que pour autant nous accusons ceux qui ont été élus à leur place d’avoir fraudé ? Tant que nous n’avons pas de preuve, nous ne faisons pas dans la surenchère de cette manière-là, se défend-t-il encore. Non, ces résultats reflètent en réalité le poids de chaque parti sur l’échiquier politique congolais ».

Des déceptions pour le pouvoir

Quelques déceptions tout de même au sein du PCT : la défaite de l'une des filles du président. Les trois autres enfants du chef de l'Etat, Denis Christel, Claudia Ikia et Stella Sassou-Nguesso ont tous été élus ou réélus dès le premier tour.

Autre déception pour le parti au pouvoir : la défaite de trois membres du gouvernement. Le ministre du Commerce, Euloge Landry Kolélas, battu par un indépendant du mouvement de son frère, Guy-Brice Parfait Kolélas. Eliminés aussi dès le premier tour, le ministre de la Recherche scientifique et celui de la Sécurité sociale qui avait face à lui un autre ministre, chargé des Relations avec le Parlement et membre d'un autre parti de la majorité.

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