Présidentielle au Rwanda: le Parti démocratique vert en meeting

Frank Habineza a été investi le 17 décembre 2016 pour participer à l'élection présidentielle d'août prochain.
© STEPHANIE AGLIETTI / AFP

Au Rwanda, la campagne électorale pour la présidentielle a commencé depuis une semaine. Le président sortant qui tient d’une main de fer le pays depuis la fin du génocide en 1994 est donné grand favori et devrait facilement emporter un 3e mandat. Face à Paul Kagame, deux candidats d’opposition sont en lice. Tous deux sont peu connus dans le pays et disposent de moyens financiers très limités. Il s’agit d’un indépendant, Philippe Mpayimana, et du président de la seule formation d’opposition légalement enregistrée du pays, le Parti démocratique vert. Frank Habineza tenait un meeting de campagne ce vendredi 21 juillet à Ntenyo, une localité rurale du sud du Rwanda.

Au bord d’une route, quelque deux cents personnes encadrent une estrade drapée des couleurs du Parti démocratique vert.

Parmi elles, beaucoup d’enfants attirés par la musique entêtante, mais aussi quelques curieux comme Sabin. « Je suis venu voir ce qu’il avait à apporter, mais il n’a aucune chance. Tout ce que Kagame nous a promis il nous l’a donné. Moi je vais voter pour Kagamé, il n’y a que lui. »

Dans son discours, Frank Habineza a promis de lutter contre le chômage, de mettre fin à la monoculture imposée par les autorités. Il a aussi dénoncé l’existence de centres de détentions illégaux dans le pays, centres régulièrement pointés du doigt par HRW, malgré les démentis du gouvernement. A aucun moment il n’a prononcé le nom de son adversaire Paul Kagame.

A l’issue de ce meeting, au micro de RFI, Frank Habineza a aussi accusé des autorités locales de l’est du pays de l’avoir contraint à annuler un rassemblement en début de semaine. Dans la foulée, son convoi a été pris à partie par des militants du parti au pouvoir : « Nous sommes un parti légal au Rwanda donc je ne comprends pas pourquoi des gens agissent de la sorte. Nous avons pris cette affaire très au sérieux et même envisagé de suspendre notre campagne ».

Frank Habineza n’est pas le seul à avoir rencontré des difficultés. Cela a été le cas dans l’ouest du pays pour Philippe Mpayimana. En réaction, la police a annoncé vendredi l’arrestation de deux responsables locaux et a rappelé sur son compte Twitter que les droits de « tous les candidats » à la présidentielle devaient être respectés.