Côte d'Ivoire: 150 scientifiques africains se mobilisent pour sauver les singes

Un singe vervet, au parc Kruger.
© RFI/Elisa Drago

Le congrès africain de primatologie s'est ouvert ce 25 juillet à Bingerville, en Côte d'Ivoire. Ce congrès, qui réunit pendant deux jours 150 scientifiques de toute l’Afrique, a pour but de créer la Société africaine de primatologie (SAP). L’objectif : sauver les primates menacés d’extinction sur le continent.

L’homme mis à part, 75 des 188 espèces de primates sont menacées d’extinction et toutes sont inscrites sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature. En Afrique, la situation est catastrophique : plus de la moitié des espèces de singes sur le continent, et 85% des espèces de lémuriens de Madagascar, menacent de disparaître.

Cette baisse de population des primates est due à la chasse et au braconnage, à la disparition des habitats, notamment à cause de la surexploitation du bois, des mines, du pétrole, ainsi qu’à l’urbanisation. A Madagascar, les forêts sont aujourd’hui si réduites et les lémuriens si peu nombreux que les mâles et les femelles n’arrivent plus à se rencontrer pour se reproduire.

La Société africaine de primatologie, qui est créée à l’initiative du Centre suisse de recherche scientifique en Côte d’Ivoire et de l’Université Houphouët-Boigny à Bingerville, va permettre la mise en commun des connaissances, le lancement de projets spécifiques sur le continent, mais aussi de parler aux Africains d’une voix africaine, plus à même de convaincre les décideurs politiques, les autorités traditionnelles et les citoyens qu’il est fondamental de préserver les espèces sauvages.