Mali: rassemblement de soutien au blogueur Madou Kanté blessé par balle

Manifestation d'opposants à la réforme de la Constitution le 17 juin à Bamako (photo d'illustration)
© Habibou KOUYATE/AFP

Au Mali, un influent blogueur, Madou Kanté, qui avait pris position contre la réforme constitutionnelle, a été blessé par balle dans la nuit de lundi à mardi. Mardi 25 juillet, les opposants à la réforme se sont rassemblés pour dire stop à la violence verbale et physique.

Aucun lien n'est encore établi entre l'attaque à main armé qu'a subie Madou Kanté et ses prises de position contre la réforme constitutionnelle. Mais les opposants à cette réforme estiment, eux, que tout est lié. Une centaine d'entre eux se sont rassemblés pour dénoncer, « une longue série de menaces et d'intimidations ».

« On en appelle au président de la République, il est le garant de la cohésion nationale, de la stabilité du pays, commente Tiébilé Dramé, le président du Parena. Il ne peut pas se taire pendant que ceux qui le soutiennent profèrent des menaces à longueur de journée et pendant que l’on passe aux actes. Le Mali ne connaît pas la violence politique et elle commence à s’installer, par des mots, par des actes et par des balles. Il est urgent que le président sorte de son mutisme. »

Amadou Thiam, le vice-président de la plate-forme d'opposants va même plus loin. Il explique que c'est le président lui-même qui, par ses propos, ne décourage pas ce genre de dérives.

« Je crois que ce qui vient d’arriver est la conséquence des propos qui sont tenus par les autorités. Des propos qui pourrissent le climat social, qui incitent à la violence. Quand le président dit que ceux qui sont contre la révision constitutionnelle sont contre la paix, sont moins citoyens, ce sont des propos qui appellent à la violence, à de tels actes. »

Le blogueur blessé a reçu la visite de plusieurs ministres dans la journée. Le gouvernement s'est engagé à prendre en charge l'intégralité de ses dépenses de santé. Opéré avec succès, le chroniqueur est pour le moment en observation dans un hôpital de Bamako. Ses jours ne seraient pas en danger. Celui qu’on surnomme « Maréchal Madou » a même reçu la presse couché sur son lit d’hôpital, tout juste après une intervention chirurgicale.

Il est revenu à cette occasion sur l’incident, expliquant qu’il s’était arrêté pour prendre un appel dans sa voiture quand un véhicule est arrivé en trombe et que sa vitre s’est brisée. La poitrine en sang, il s’est alors rendu compte qu’on lui avait tiré dessus. Il assure désormais qu’il se sent bien.

« Le cœur n’est pas touché, ça va s’arranger », lui a certifié le ministre malien de la Santé lors de sa visite. Ce dernier est l’un des trois ministres du gouvernement à être venu souhaiter à Madou Kanté un prompt rétablissement, tout comme certains membres de l’opposition. Quant aux auteurs de l’attaque ? « Je n’accuse personne », répond le chroniqueur. Il lance même un appel au calme. Une enquête a été ouverte.

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