Migrants: la France veut traiter les demandes en amont

Le président français Emmanuel Macron à Orléans, le 27 juillet 2017.
© Michel Euler / POOL / AFP

Le président français Emmanuel Macron a réaffirmé ce jeudi sa volonté d'une «réduction drastique» des délais de traitement des dossiers des migrants. Le gouvernement veut réduire ce délai de 18 à 6 mois. Le chef de l'Etat se déplaçait à Orléans dans un centre d'hébergement de réfugiés.

Avec notre envoyée spéciale à Orléans,  Alice Pozycki

« Aujourd’hui le défi de l’Europe, c’est de mieux s’organiser, c’est de mieux coopérer, mais c’est de tout faire pour là aussi se protéger et savoir accueillir celles et ceux que nous devons accueillir parce que leur vie est en danger ».

En matière de demande d’asile, Emmanuel Macron veut donc agir plus tôt. Avant que les migrants n’atteignent le sol français et surtout avant qu’ils ne traversent la Méditerranée. C’est donc sur le sol africain que le chef de l’Etat français souhaite concentrer ses efforts.

« Il y a aujourd’hui au moment où je vous parle entre 800 000 et 1 million de femmes et d’hommes qui attendent dans les camps en Libye. Pensez-vous que ce sont 800 000 à 1 million de réfugiés demandant l’asile politique ? Non. Il y en a beaucoup et de plus en plus qui viennent de pays sûrs et qui suivent les routes de migrations économiques qui nourrissent les passeurs, le grand banditisme, parfois le terrorisme. Réussir à briser ces routes de la peur de la nécessité du terrorisme qui aujourd’hui font s'écrouler ce pays sous l’afflux de migrants, c’est la même aventure, c’est le même rôle qui est celui de la France ».

Emmanuel Macron souhaite donc traiter les demandes d’asile directement dans les pays voisins de la Libye avec l’envoi d’équipe de l’OFPRA, l’Office français de protection des réfugiés apatrides. Au cours de la matinée, le président français n’a toutefois apporté aucune précision sur le financement de ces missions ni sur le calendrier de leur mise en place.


La France veut des hotspots en Libye
« La France va créer dès cet été en Libye des hotspots », des centres d'examen pour les candidats à l'asile, a annoncé le président Emmanuel Macron ce jeudi. « L'idée est de créer en Libye des hotspots afin d'éviter aux gens de prendre des risques fous alors qu'ils ne sont pas tous éligibles à l'asile. Les gens, on va aller les chercher. Je compte le faire dès cet été », avec ou sans l'Europe, a-t-il ajouté.

Mais selon l'Elysée, un tel projet n'est « pas possible aujourd'hui », une mission de faisabilité devrait être diligentée « fin août ».