Législatives au Sénégal: polémique après la modification des règles du scrutin

(Image d'illustration) Un électeur de Touba (centre du Sénégal) brandit sa carte d'identité.
© AFP/Issouf Sanogo

Au Sénégal, la tension autour des législatives de dimanche prochain n’est pas prête de retomber. En effet, les règles du vote viennent d’être modifiées sur proposition du président Macky Sall. L’Etat a des problèmes d’organisation, de fabrication notamment des nouvelles cartes d’identité qui sont aussi les cartes d’électeurs. La loi qui indique que seul ce nouveau document Cédéao permet de voter vient donc d’être contournée par le Conseil constitutionnel.

Signée ce mercredi 26 juillet au soir par les sept membres, diffusées dans la nuit, la décision du Conseil constitutionnel valide la proposition du président Macky Sall. « A titre exceptionnel, pour les élections législatives du 30 juillet, l’électeur n’ayant pu retirer sa carte d’identité biométrique faisant office de carte d’électeur peut voter sur présentation de son récépissé d’inscription avec sa carte d’identité ou carte d’électeur numérisée avec son passeport ».

Cette décision est « une forfaiture », estiment les responsables de l’opposition, du camp Wade comme celui de Khalifa Sall. Ils estiment que le Conseil constitutionnel n’a pas le droit de trancher sur ce point, que ce n’est pas son rôle de modifier la loi.

Pressées par le temps, cette validation du Conseil constitutionnel confirme en tout cas les difficultés des autorités. Car faute de temps, près de 700 000 cartes ne seront pas fabriquées, cela représente plus de 10% des 6,2 millions d’électeurs inscrits sur le nouveau fichier électoral. Si cette décision doit permettre au plus grand nombre de voter, elle va sans aucun doute compliquer le scrutin.