Mauritanie: la campagne du référendum polarisée

Mercredi 26 juillet, deux des trois marches organisées à Nouakchott par les partisans du boycott ont été interdites et dispersées par la police (photo d'illustration).
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La campagne du référendum constitutionnel du 5 août a commencé depuis une semaine. La révision proposée comporte notamment la suppression du Sénat et de la Haute Cour de justice ainsi qu'un changement de drapeau. Une campagne fortement polarisée. Du côté du oui, la majorité présidentielle et les quelques partis de l'opposition dite « dialoguiste ». Le 2e pole n'est pas celui du non, représenté par un seul parti, mais celui des partisans du boycott. Réunis au sein du G8, les principaux partis d'opposition appellent en effet à ne pas participer au référendum qu'il juge anti-constitutionnel. Pour le G8, cette campagne ne se déroule pas à armes égales.

Mercredi 26 juillet, deux des trois marches organisées à Nouakchott par les partisans du boycott ont été interdites et dispersées par la police. Une preuve supplémentaire, pour le G8, que le pouvoir veut le museler.

Les boycotteurs dénoncent aussi la décision de la HAPA, la Haute Autorité de régulation de l'audiovisuel, qui a prévu de réserver du temps d'antenne uniquement pour les partis participants au scrutin, les privant d'accès au média.

Des critiques réfutées par Sidi Nemine, membre de la commission nationale en faveur du oui : « Les médias publics sont ouverts. Et depuis l’ouverture de l’espace audio-visuel en Mauritanie les télévisions privées sont là. Je suis particulièrement surpris qu’ils se plaignent de l’accès à ces médias alors que ces médias les couvrent. Pas plus tard qu’hier, deux partis politiques, UFP et Sawab, ont fait un meeting pour prôner le boycott, et ils ont été couverts par la télévision publique nationale et par la radio aussi. Donc, je ne sais pas de quoi ils parlent. »

Le G8 pousse plus loin la critique. Au-delà de la HAPA, c'est l'ensemble de l'administration qui est instrumentalisée par le pouvoir estime Lo Gourmo, vice-président de l'UFP. « Les gouverneurs, les préfets, les chefs de service qui sont sous leur autorité, dont campagne officiellement, publiquement, avec un zèle particulier, et n’importe qui sous leur autorité est dans un rapport d’obligation pour se présenter lors de ce référendum, lui et les membres de sa famille, affirme-t-il. C’est sans précédent. On a toujours eu du tripatouillage, l’utilisation des moyens de l’administration, mais il y avait une sorte de pudeur administrative qui faisait qu’on ne se rabaissait pas à un tel niveau. »

Mensonge, rétorque de son côté Sidi Nemine. Si le gouvernement est fortement mobilisé pour une réforme à laquelle il croit, l'administration, elle, garde sa neutralité, souligne-t-il.