Non-rapatriement du corps de Tshisekedi: sa veuve accuse les autorités de RDC

L'hommage de la communauté congolaise à Etienne Tshisekedi le 3 février à Bruxelles en Belgique.
© EMMANUEL DUNAND / AFP

Depuis la mort d'Etienne Tshisekedi, il y a près de six mois, la dépouille de l'opposant historique est toujours dans une chambre froide en Belgique en attendant de pouvoir être rapatriée en RDC pour y être inhumée. Un rapatriement et un enterrement qui font l'objet de tractations politiques au plus haut niveau depuis des mois.

Aujourd'hui, son épouse, Marthe Tshisekedi en appelle à tous ceux qui ont connu son mari, à tous les chefs d'Etat et à toutes les premières dames pour débloquer la situation. Un blocage dont elle accuse le régime Kabila d'être responsable : « C’est rare que je sois en colère, mais il faut aussi comprendre ma douleur et mes larmes aux yeux, a-t-elle confié à TV5 Monde. C’est contre le gouvernement de notre pays, contre monsieur Kabila qui ne voulait pas qu’on aille enterrer mon mari au pays ».

Pour la famille, en effet, pas question ne pas enterrer l’ancien leader de l’opposition au pays. Elle dit d’ailleurs avoir signé un accord avec le gouvernement dans ce sens : « Le pouvoir en place nous avait proposé de faire toutes ces choses ensemble, de se mettre en commun pour faire ensemble la dépouille mortelle de mon mari. On était d’accord, il y avait le gouvernement, la famille biologique et la famille politique. La famille biologique a déjà signé, la famille politique aussi a signé, mais le gouvernement n’a pas signé au moment de signer, le vice-premier ministre en charge de l’intérieur a commencé à voyager de gauche à droite, et on dirait qu’il n’y a pas d’autre personne qui puisse signer à sa place. C’est pourquoi jusqu’aujourd’hui, ça traine ».

Pour l’instant, aucune date n’a été avancée pour un éventuel retour au pays de la dépouille d’Etienne Tshisekedi.

Nous avons été surpris d’entendre cette maman que nous respectons beaucoup dire qu’il y avait des problèmes de signature ou de choses comme ça. Nous perdons tous des êtres chers, mais pour qu’un Congolais soit rapatrié au Congo, il n’y a pas de signature requise de qui que ce soit !
Lambert Mende, ministre congolais de la Communication
29-07-2017 - Par Sonia Rolley