Bénin: pourquoi Soglo, maire de Cotonou, est visé par une enquête judiciaire?

Vue de Cotonou, Bénin.
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Le procureur de la République de Cotonou confirme qu'une enquête judiciaire visant le maire de la capitale, Lehady Soglo, a été ouverte, sans plus de précision. Samedi matin 29 juillet, la police a effectué une perquisition chez le maire avant de lever le dispositif mis en place depuis vendredi soir autour de son domicile, quelques heures après la diffusion d'un arrêté ministériel le suspendant de ses fonctions. Une suspension de deux mois pour fautes lourdes, signée du ministre de la Décentralisation. Rappelons que Lehady Soglo avait récemment été destitué de la présidence de son parti, la Renaissance du Bénin, par certains membres de cette formation.

Lehady Soglo n'était pas à son domicile durant la perquisition, mais son épouse et son père, l'ancien président Nicéphore Soglo, étaient sur place.

Selon maître Bokovo, l'avocat de Lehady Soglo, la fouille s'est déroulée dans le calme et les renforts policiers qui encerclaient le domicile du maire de Cotonou ont quitté les lieux dans la foulée. Des documents et une somme d'argent ont été saisis.

Me Bokovo dénonce l'irrégularité de la procédure, puisque selon lui aucun mandat n'a été produit par les forces de l'ordre. « Lehady Soglo est prêt à s'expliquer sur les accusations dont il est l'objet, à condition que cela se fasse dans les règles du droit », souligne Me Bokovo.

Selon l'arrêté qui suspend le maire de ses fonctions durant deux mois pour « fautes lourdes », une dizaine d'infractions sont reprochées à Lehady Soglo, regroupées sous deux axes d'accusations : vente ou aliénation abusive de biens domaniaux et violations des règles de déontologie administrative.

Malgré une liste très détaillée d'effractions présumées qui figure dans l'arrêté, l'avocat de Lehady Soglo y voit une manœuvre politique pour le discréditer au moment où se tient le procès engagé par le maire contre ceux qui l'ont évincé de son propre parti.


Du côté du pouvoir, il n'y a jamais eu de tentative d'arrestation mais juste une perquisition

Il n'était pas question hier d'une tentative d'arrestion...
Wilfried Houngbedji, directeur de communication à la présidence
30-07-2017 - Par RFI