Burkina: le mandat international contre François Compaoré est un «grand pas»

Un portrait de Norbert Zongo, photo non datée.
© Montage RFI

Au Burkina Faso, la justice recherche François Compaoré, frère de l'ancien président Blaise Compaoré, dans l'affaire de l'assassinat du journaliste Norbert Zongo. En 1998, Norbert Zongo et trois de ses compagnons avaient été retrouvés morts. Le journaliste enquêtait sur la mort du chauffeur de François Compaoré. Un mandat d’arrêt international pour « incitation à assassinats » a été lancé contre le frère de l’ancien président burkinabè.  Pour Guy Zongo, fils du journaliste, la délivrance de ce mandat est un pas important dans la recherche de la vérité. De son côté, pour l’avocat de François Compaoré, il s’agit, pour l’instant, d’un mandat « hypothétique et dubitatif ».

Aujourd'hui, François Compaoré circule entre plusieurs pays dont la Côte d'Ivoire. Il a fui le Burkina en 2014. L'un des avocats de la famille Zongo espère que le pays d'accueil de François Compaoré ne refusera pas d'exécuter ce mandat. Cependant, même s’il n’est pas arrêté, avec cette nouvelle procédure, il pourra, au moins, être jugé par contumace.

Joint par RFI, Guy Zongo, fils du journaliste, considère cette nouvelle étape comme étant « un grand pas que fait la justice pour la recherche de la vérité dans cette affaire nauséabonde » avant d’ajouter qu’un jugement par contumace « ne permettrait pas de savoir exactement » ce qui s’est passé.

« Je pense qu’à un certain moment, il faut arrêter de fuir les choses, qu’il faut faire face à son histoire. Que François Compaoré soit en Côte d’Ivoire, qu’il soit dans n’importe quel pays au monde, François Compaoré ne va pas fuir indéfiniment. Et, si du côté de la Côte d’Ivoire, les autorités ne veulent pas coopérer, moi je pense qu’il ne faut pas un jugement par contumace. Moi, particulièrement, j’ai besoin de savoir le pourquoi de ce carnage immonde », a-t-il déclaré à RFI.

Un mandat d’arrêt « hypothétique et dubitatif »

Joint par RFI, Maître Pierre Olivier Sur, avocat français de François Compaoré, se dit étonné de cette annonce car ni lui ni son client n'ont reçu notification de ce mandat. Il affiche une certaine perplexité tout en refusant de dire où se trouve son client.

C’est un mandat d’arrêt qui a été diffusé par la presse et non pas par la justice.
Maître Pierre Olivier Sur
29-07-2017 - Par Frédéric Garat

Journaliste d’investigation et directeur de la publication de l’hebdomadaire « L’indépendant », Norbert Zongo et trois de ses compagnons ont été retrouvés morts carbonisés dans leur véhicule, le 13 décembre 1988, dans le sud du Burkina.