L’ONU extrêmement préoccupée par le regain de violence en Centrafrique

Jean-Pierre Lacroix, le chef des opérations de maintien de la paix à l’ONU se rend ce week-end en Centrafrique pour soutenir les efforts de la Minusca.
© AFP/Mario Tama

Le regain de violence en Centrafrique et la mort de trois casques bleus depuis dimanche 23 juillet préoccupent au plus haut point les autorités onusiennes. Après le Secrétaire général Antonio Guterres, qui dans un communiqué mercredi dernier s’inquiétait d’un possible déraillement du processus de stabilisation du pays, c’est au tour de Jean-Pierre Lacroix, le chef des opérations de maintien de la paix, d’en appeler aux autorités politiques centrafricaines. Il a annoncé se rendre ce week-end en Centrafrique pour soutenir les efforts de la Minusca.

Avec notre correspondante à New York,  Marie Bourreau

Les violences répétées contre les civils et les casques bleus risquent de marquer un point de basculement qu’il faut éviter à tout prix, écrit Jean-Pierre Lacroix dans un communiqué qui fait suite à son audition vendredi et à huis clos par le Conseil de sécurité.

Les diplomates ne cachent plus leur crainte de voir la Centrafrique retomber dans les violences ethniques qui ont ensanglanté le pays en 2013.

Le chef des opérations de maintien de la paix a donc annoncé un redéploiement rapide de casques bleus à Bangassou deux militaires marocains ont trouvé la mort dimanche dernier. Ils ont été pris à partie par des groupes d’auto-défense alors qu’ils sécurisaient un point d’accès à l’eau pour 2 000 civils déplacés par les combats.

L’ONU souligne aussi son inquiétude pour la ville de Zemio, à 290 kms à l’est de Bangassou, où les clashes entre communauté musulmane et éléments anti-Balaka se multiplient ainsi que pour la ville de Bria au Nord. Le départ des troupes ougandaises et américaines dans l’Est a conduit à un vide sécuritaire et à l’émergence de ces groupes d’auto-défense, note aussi Jean-Pierre Lacroix.

La solution reste néanmoins politique, souligne-t-il dans un appel aux autorités de Bangui, menaçant de sanctions ceux qui feraient dérailler le processus de paix.