Côte d’Ivoire: deux journalistes accusés de «fausses nouvelles» ont été relâchés

Le «Quotridien d'Abidjan», journal d'opposition, a publié en Une un article intitulé «Des comptes de Soro gelés» dans l'édition de vendredi 28 juillet 2017.
© Capture d'écran du Quotidien d'Abidjan

Deux journalistes ivoiriens ont été relâchés par le tribunal d'Abidjan après avoir passé 24 heures en garde à vue pour «divulgation de fausses nouvelles». Dan Opeli, directeur de publication du Quotidien d'Abidjan (opposition) et Yves Kuyo, journaliste, sont toutefois convoqués devant le tribunal de première instance d'Abidjan le 20 octobre. Pour clarifier les choses, et expliquer sa position, le procureur de la République a tenu une conférence de presse ce mardi après-midi à Abidjan.

Déjà en février dernier, 6 journalistes ou directeur de publications avaient été interpellés et entendus par la justice ivoirienne pour divulgation de fausses informations au moment des mutineries. Cette fois-ci, les deux confrères du Quotidien d'Abidjan, journal d'opposition, ont été placés en garde à vue lundi 31 juillet pour le même motif à propos cette fois d'un gel supposé des comptes du président de l'Assemblée nationale et d'une enquête diligentée à l'encontre de Guillaume Soro par le procureur de la République.

Le procureur de la République Richard Adou a tenu une conférence de presse ce mardi après-midi 1er août au cours de laquelle, face a des journalistes assez agacés par ses interpellations récurrentes, le magistrat a tenu un discours clair et ferme : ces informations sont « fausses et mensongères », a-t-il affirmé devant les micros.  « J'appelle les journalistes à exercer leur métier avec responsabilité en vérifiant les faits », a-t-il martelé.

« Tout ce que je vous demande, c’est de vérifier, a tancé le procureur de la République. Vous n’allez pas prendre prétexte que certains institutions refusent de vous donner des informations pour publier n’importe quoi. Vous avez votre responsabilité pénale qui est en jeu. C’est le quatrième pouvoir donc c’est très important. Chacun doit assumer ses responsabilités. Chacun doit faire son métier. »

Message entendu par l'ensemble des journalistes présents, qui admettent que même au sein de leur corporation il peut y avoir des erreurs commises. Mais certains se sont etonnés à haute voix que des journalistes soient privés de leur liberté pour ce genre de délit tandis que dans des affaires sulfureuses, de caches d'armes par exemple, d'autres citoyens ivoiriens comparaissent libres devant une brigade de gendarmerie.

« Il y a comme deux poids deux mesures, estime le secrétaire général du Syndicat national des professionnels de la presse de Côte d'Ivoire (Synapp-CI), et journaliste à Notre Voie, Guillaume Gbato. Chaque fois qu’il s’agit de journalistes, je l’ai dit au procureur directement, il est prompt à les priver de libertés alors qu’il y a eu d’autres dossiers, de civils ou de militaires mêmes, qui comparaissent librement. C’est ce que nous demandons ! Nous n’avons jamais dit ques les journalistes ivoiriens étaient des saints. Seulement que, dans les pays civilisés, ces poursuites ne donnent pas lieu à des peines, à des arrestations. Notre pays mérite mieux que ça. »

Le journaliste et le directeur de publication du Quotidien d'Abidjan comparaitront le 20 octobre prochain devant le tribunal correctionnel pour publication de fausses informations.

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