Nigeria: inquiétude de la communauté LGBT après des arrestations à Lagos

Une manifestation de soutien à la communauté LGBT nigériane, en 2014, devant la Haute commission nigériane à Nairobi, au Kenya.
© SIMON MAINA / AFP

Au Nigeria, on est sans nouvelles d’une quarantaine de personnes arrêtées le week-end dernier à Lagos pour «des actes homosexuels». Au Nigeria, la loi de 2014 interdit les «rassemblements publics affichant des tendances homosexuelles». Il s'agit d'un délit passible de 10 à 14 ans de prison.

Les faits se sont produits samedi 29 juillet dans après-midi. Plusieurs dizaines de personnes se réunissent dans un hôtel de Lagos. Discrètement, précise un militant gay, car c'est une réunion organisée pour sensibiliser aux maladies sexuellement transmissibles. C'est une occasion de briser l'isolement des homosexuels dans un pays où ils savent que leur orientation sexuelle est illégale.

Mais les voisins de cet établissement alertent les autorités. D’après la police, 42 personnes ont été interpellées. Elles devraient bientôt être jugées. La situation inquiète la communauté gay, à l’image de ce militant, qui préfère garder l’anonymat pour sa propre sécurité.

« Ces réunions servent surtout à faire de la prévention. Elles ont lieu de manière clandestine, car c'est interdit. Mais c'est la seule occasion que les services de santé ont pour mener des actions de prévention du VIH. Nous sommes vraiment inquiets : à cause de ces arrestations, depuis samedi, plusieurs personnes séropositives n'ont pas pu prendre leur traitement. Elles se nourrissent mal et n'ont pas accès à un avocat. »

La loi réprime les mariages homosexuels ainsi que tout rassemblement de la communauté LGBT. Cette loi, lit-on dans un rapport de Human Rights Watch, est devenue un outil utilisé par certains policiers pour « justifier les multiples violations des droits de l’homme ».