Un rapport de l'ONU pointe le trafic d'armes entre la RCA et les deux Congo

Des armes lors d'une opération de destruction d'armes menée par la force Sangaris en RCA, en 2014 (image d'archives).
© AFP PHOTO / PACOME PABANDJI

Dans leur dernier rapport, le groupe d'experts de l'ONU dresse un état des lieux très documenté et inquiétant de la situation en Centrafrique. En dehors de Bangui, le pays continue clairement de vivre sous la coupe des groupes armés et le nombre de déplacés gonfle dangereusement. Autre point important, le trafic permanent d'armes entre la Centrafrique, la RDC et le Congo-Brazzaville.

C'est le fleuve Oubangui, barrière naturelle entre la RDC et la Centrafrique, qui est au centre de nombreuses attentions dans le dernier rapport publié par le groupe d'experts de l'ONU.

La porosité de la frontière en fait un lieu de passage idéal pour les contrebandiers et les mercenaires, pointe ce rapport. Qu'ils soient Seleka ou anti-balaka, les groupes armés profitent largement de cette facilité de transit.

L'UPC d'Ali Darass, qui contrôle une partie du Sud-Est centrafricain aurait reçu pas moins de 18 000 cartouches en janvier dernier en provenance de Yakoma en RDC. En avril, ce sont plus de 11 000 cartouches qui ont été trouvées dans des commerces de Bangassou. Toutes ces munitions proviennent de la Manufacture d’armes et de cartouches du Congo-Brazzaville (MACC), située à Pointe-Noire, au Congo voisin.

Cette société refait également surface à Bangui. Dans leur rapport, les experts révèlent que pas moins de 6 000 cartouches congolaises, destinées aux combattants anti-balaka, ont été découvertes dans un port situé à la sortie de la ville et directement acheminées depuis Zongo, en face de la capitale centrafricaine.

Autre fait saillant du rapport : des tentatives d'incursion de mercenaires centrafricains au Congo-Kinshasa. La RCA étant ainsi considérée comme une base de recrutement pour des opérations militaires de l'autre côté du fleuve.