Législatives au Sénégal: 125 sièges sur 165 pour la coalition présidentielle

Dépouillement à Dakar pour les législatives au Sénégal, le 30 juillet 2017.
© Guillaume Thibault/RFI

Au Sénégal, la victoire de la majorité présidentielle aux législatives a été confirmée par la Commission nationale de recensement des votes. Elle a livré les résultats provisoires au niveau national, ce vendredi 4 août au soir. Le recours déposé par le camp du maire de la capitale, Khalifa Sall, en ce qui concerne les résultats dans le département de Dakar, n’a pas été étudié par la commission et doit être transmis au Conseil constitutionnel, qui doit à présent proclamer les résultats définitifs.

Les résultats ont été rendus tard dans la soirée de vendredi 4 août par la Commission nationale de recensement des votes qui a donné pendant de longues minutes le nombre de voix totalisé par chacune des 47 listes. C’est la coalition présidentielle Benno Bokk Yakaar qui remporte le plus grand nombre de suffrages avec environ 1 633 000 voix.

En deuxième position, la coalition Wattu Sénégal de l’ex-président Abdoulaye Wade engrange 549 000 voix, puis vient la coalition Mankoo Taxawu Sénégal du maire de Dakar, Khalifa Sall, en troisième place.

Une victoire dont se félicite la majorité présidentielle qui renforce ainsi la position de Macky Sall. « Lorsque nous nous engagions dans cette campagne, c’était dans la perspective de donner à Macky Sall une majorité forte à l’Assemblée nationale pour l’appuyer et l’accompagner dans l’accomplissement d’une mission que le Sénégal lui a confiée depuis 2012. C’est donc un sentiment de satisfaction, nous avons gagné, et largement gagné, et j’espère que ces résultats seront confirmés par le Conseil constitutionnel », a affirmé au micro de RFI Moustapha Diakhité, le président du groupe Benno Bokk Yakaar à l'Assemblée nationale.

Le camp Wade monte au créneau

Avec 16% des suffrages, la coalition de l'opposition conduite par l'ex-président Abdoulaye Wade décroche quant à elle 19 sièges, mais la défaite reste amère. « Notre réaction ne change pas, elle correspond à de la colère devant l’ampleur des dysfonctionnements, de la désorganisation, de la confusion, à un niveau tel que ce n’est plus de l’incompétence, mais du sabotage délibéré, dénonce Amadou Sall, membre de la coalition Wattu Sénégal. Ce qui s’est passé, c’est un hold-up, nous avons pris le voleur la main dans le sac et jamais la justice n’a annulé quoi que ce soit ».

Un peu plus de 6 millions d’électeurs s’étaient inscrits sur le nouveau fichier électoral et ils ont été 3 328 325 à voter dimanche dernier. La majorité présidentielle a donc remporté environ 49% des voix, soit 125 sièges de députés. Elle avait déjà revendiqué la victoire aux législatives dans 42 des 45 départements du pays.

Dépôts de recours

Les résultats définitifs doivent à présent être publiés par le Conseil constitutionnel. En attendant, les coalitions peuvent déposer des recours. Elles ont cinq jours pour déposer leurs griefs. Et si la liste d’Abdoulaye Wade semble s'y refuser, ce n'est pas le cas des responsables de la coalition de Khalifa Sall, le maire de Dakar emprisonné. Eux vont bien déposer un recours devant le Conseil constitutionnel, comme l’explique Déthié Fall de la coalition Manko Taxawu Senegaal :

« D’abord, je suis désolé de tout ce qui s’est passé. Une machine de fraude massive qui a été installée, mais également beaucoup de nos compatriotes qui ont été privés de leur droit de vote. Et malgré cette fraude qui a été constatée, le président de la République Macky Sall est aujourd’hui minoritaire dans ce pays-là parce qu’il se retrouve avec le taux de 49,48%. Ce qui veut dire que si on était à une élection présidentielle, il y aurait eu forcément un deuxième tour. »

Et Déthié Fall, dont la coalition est arrivée en troisième position, se tourne déjà vers la présidentielle de 2019.

« Non, nous ne sommes pas très déçus parce que nous sommes extrêmement forts dans les grands départements du pays. Mais il est clair aujourd’hui que ceux qui sont capables de l’alterner en 2019 sont dans notre coalition et il le sait. C’est pourquoi il a tout fait pour concentrer ses techniques donc de fraude dans ces trois départements-là. »

Déthié Fall de la coalition Manko Taxawu Senegaal
05-08-2017 - Par Christophe Boisbouvier