Madagascar: les contraintes exigeantes et fiables de la vanille «bio»

Une «trieuse» de vanille bio, dans le hangar de cet exportateur. Une fois triées par taille, les gousses seront placées sur les claies «bio», derrière elle.
© RFI/Sarah Tétaud

A Madagascar, l'orchidée vanilla planifolia pousse, et pousse bien. Sur l'île, nul besoin de mettre de l'engrais au pied de la plante. Elle n'en a pas besoin. Cependant, il est impossible de qualifier cette vanille de « biologique » car les parcelles environnantes, dédiées à d'autres cultures, sont bien souvent traitées. Des résidus de pesticides se retrouvent ainsi sur les parcelles de vanille. Aussi, depuis une dizaine d'années, certains exportateurs malgaches de vanille se sont lancés dans la vanille « bio ». Une gousse qui rapporte plus aux exportateurs et aux producteurs mais qui reste toutefois un produit de niche tant les contraintes de production et de récolte sont strictes.

RFI s'est rendue dans le nord de l’île, dans le dépôt de l'un des exportateurs d'Antalaha, le premier à avoir commercialisé de la vanille certifiée « issue de l'agriculture biologique ».

Romain Albert nous indique que nous sommes dans le magasin de préparation, dans la zone de vanille bio, pour éviter que la gousse soit contaminée par la vanille conventionnelle qui, elle, n'a pas été soumise aux mêmes traitements que la vanille bio.

Romain Albert est responsable Qualité au sein de la société Promabio. Depuis 2007, environ 15 % de la vanille exportée par sa société est certifiée « bio ». Une certification conditionnée par des tests microbiologiques effectués chaque année par un organisme indépendant.

« Nous, on a tout un travail en amont à faire au niveau des producteurs : formation et sensibilisation sur ces risques. Il faut bien s'assurer que les plantations avoisinantes n'ont pas été traitées chimiquement et s'assurer que la vanille soit manipulée dans le respect des normes d'hygiène comme se laver les mains avant de toucher la vanille ou encore porter des habits propres pour éviter tout risque de contamination », a-t-il expliqué.

Des contraintes exigeantes pour répondre à un cahier des charges strict, mais qui confèrent quelques avantages.

« L'intérêt, pour le producteur, c'est surtout un intérêt économique parce qu'on s'engage à lui acheter sa vanille, chaque année, et ensuite à lui donner une prime sur la quantité de vanille qu'il livre. En l'occurrence, on lui donne 10% de plus que le prix au kilo de la vanille conventionnelle », a précisé Romain Albert.

Dernier avantage, cette fois pour le consommateur, le label bio impose une traçabilité de la gousse. Ainsi, un yaourt ou une glace à la « vanille bio de Madagascar » seront fabriqués avec une vanille biologique qui proviendra obligatoirement de Madagascar. Une provenance qui est usurpée dans bien des cas car l'appellation « vanille de Madagascar » ne bénéficie de la protection d'aucun label.