[Reportage/Somalie]Sécheresse au Puntland: l'allaitement contre la malnutrition

Le centre de stabilisation de Garowe en Somalie, en juillet 2017
© RFI/Sébastien Nemeth

En Somalie, la sécheresse fait toujours des ravages. La dernière saison des pluies a été décevante et les Somaliens subissent une nouvelle période sèche. Dans la région du Puntland, 1,2 million de personnes sont touchées par la crise, soit plus d'un quart de la population. 380 000 sont en insécurité alimentaire critique et 135 000 sont déplacées depuis janvier. A Garowe, la capitale, l’organisation Save the Children gère un centre de stabilisation pour les enfants de moins de 5 ans atteints de malnutrition. On y apprend notamment aux mères à allaiter leurs enfants.

Djibril a quatre mois. A son arrivée, il pesait à peine plus de 3 kilos, la moitié du poids normal pour son âge. Sa famille a perdu toutes ses chèvres, source de lait. Le bébé s’est affaibli, d’autant que sa mère Hamdi Mahmoud Dupad avait cessé l’allaitement. « Je suis tombée malade et j’avais peur de le contaminer. Et puis pour moi ce n’était pas important. Ma mère ne m’a jamais dit que je devais allaiter mes enfants. »

Une situation qui n’est pas rare en Somalie où l’allaitement est victime de fausses croyances. « Certaines pensent qu’elles n’ont pas assez de lait, explique Haashim Issack Mire, nutritionniste. D’autres pensent qu’elles vont contaminer l’enfant, enfin il y en a qui ne savent pas comment faire. Des enfants que nous avions sauvés sont même revenus à cause de cela. Nous avons donc créé une formation. »

Dans une petite pièce au calme, avec des matelas par terre, Nadifa Abdullahi Alan est l’une des infirmières qui enseigne l’art de l’allaitement. « On leur montre la technique, on les sensibilise. Nous sommes en crise alimentaire, elles doivent allaiter, cela protègera l’enfant des maladies. »

Hamdi Mahmoud Dupad a suivi la formation, elle a repris l’allaitement de son fils. « Ma vision a changé. Je vais dire à mes filles et aux autres femmes qu’elles doivent absolument allaiter. » Djibril a pris 300 grammes en une semaine. Les médecins disent qu’il est sorti d’affaire.