Massacre du 28 septembre 2009 en Guinée: début du procès «avant fin 2017»

Moussa Dadis Camara a été interrogé par deux juges d'instruction et un procureur guinéens, à Ouagadougou, pendant plus de deux heures, le 7 juillet 2015.
© AFP PHOTO / AHMED OUOBA

En Guinée, il y a bientôt huit ans, le 28 septembre 2009, la junte alors au pouvoir massacrait au moins 156 opposants rassemblés dans un stade de Conakry pour protester contre une candidature du chef de l'Etat, Moussa Dadis Camara. La lenteur de la procédure dans cette affaire, diligentée par la justice guinéenne, désespère les ONG de défense des droits de la partie civile. Elles exigent la tenue du procès dans les meilleurs délais et donnent même une date à Conakry. Le ministre guinéen de la Justice a réagi à cette mise en demeure.

C’est un point d’honneur pour le garde des Sceaux qui persiste et signe. Le procès du massacre du 28 septembre commencera avant la fin de l’année. Il l’a dit et réitéré face à une poignée de journalistes. « L’instruction est en train d’aller vers sa fin, on l’espère assez rapidement pour que l’on commence la préparation du procès. Je réitère ce que j’ai toujours dit. Ce procès commencera avant fin 2017 », a affirmé Maître Cheik Sako.

Il y a quelques jours, des ONG de défense des droits humains dont l'Organisation guinéenne de défense des droits de l'homme (OGDH) et la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) avaient, en quelque sorte, donné un ultimatum aux autorités guinéennes afin qu’elles bouclent cette instruction avant le 28 septembre, date du 8e anniversaire du massacre.

« On ne peut pas donner un ultimatum à un Etat »

Maître Cheik Sako n’a pas apprécié la manière. « Les ONG, la défense des victimes ont tous été présentes dans cette affaire en qualité de partie civile, ce que je salue. En revanche, sur l’ultimatum donné à notre pays pour la fin de la clôture, pour le début du procès, on ne peut pas donner un ultimatum à un Etat ou à un gouvernement. En tant que garde des Sceaux de la Guinée, je n’accepte pas ça », a souligné le ministre de la Justice.

Une commission rogatoire est allée en France pour interroger un témoin dont le nom n’a pas été cité par le garde des Sceaux mais le portrait-robot ressemble à l’ex-président de la Transition, le général Sékouba Konaté qui était alors ministre de la Défense. « Une commission rogatoire est effectivement partie en France pour interroger un témoin majeur de ces évènements. Devinez qui est la personne », a confirmé Me Cheik Sako.

Au moins 14 personnes civiles et militaires ont été inculpées après ce massacre de plus de 150 opposants guinéens.