Législatives au Sénégal: l’opposition divisée sur une contestation des résultats

Des partisans d'Abdoulaye Wade attendent son allocution devant le QG du PDS le 10 juillet 2017 à Dakar.
© RFI/Guillaume Thibault

Au Sénégal, la coalition présidentielle a largement remporté les élections législatives. Elle a obtenu un peu moins de 50% des suffrages. Selon des résultats officiels communiqués par l’agence de presse sénégalaise, la coalition du président obtient 125 sièges de députés sur les 165. La coalition de l’ex-président Abdoulaye Wade a remporté 19 sièges, tandis que la liste du maire de Dakar, Khalifa Sall, en a remporté sept. Faut-il contester les résultats ou pas ? La question divise l'opposition.

Pour l’opposition sénégalaise, deux stratégies s'affrontent. Faut-il, oui ou non, se tourner vers le Conseil constitutionnel. Ils ont cinq jours pour le faire. Pour la coalition de l'ex-président Abdoulaye Wade, cela ne vaut même pas la peine. « Nous n’irons pas vers le contentieux pour donner l’impression qu’on valide et qu’on donne un peu de pertinence à ce qui s’est passé, confie maître Amadou Sall, un ancien porte-parole du président Wade. Ce qui s’est passé est un hold-up. Nous avons pris le voleur la main dans le sac. Vous avez pris votre voleur dans un endroit où il n’y a pas de justice. La seule chose qui compte est de prendre un sabre et de lui couper la main. »

La métaphore illustre la détermination de l’opposition à l’approche de la prochaine présidentielle. De son côté, la coalition de Khalifa Sall, le maire de Dakar, a déjà déposé un recours au Conseil constitutionnel. « Nous l’avons très clairement dit, nous allons résister. Parce qu’il n’est pas du tout question que le président de la République Macky Sall encadre une victoire unique et essaie de confisquer aujourd’hui le suffrage des Sénégalais », déclare Déthié Fall, l’un des porte-parole du maire emprisonné.

Quoi qu’il en soit, le défi de l’opposition, à l’approche de la prochaine présidentielle, est  de mobiliser les abstentionnistes. Un électeur sur deux n’a pas voté au scrutin du 30 juillet.