Nigeria: une pétition demande la libération de 42 hommes accusés d'homosexualité

Une manifestation de soutien à la communauté LGBT nigériane, en 2014, devant la haute commission nigériane à Nairobi, au Kenya.
© SIMON MAINA / AFP

Au Nigeria, une pétition a été lancée sur les réseaux sociaux et adressée au ministre de la Justice, Abubakar Malami, pour demander la libération de 42 hommes accusés d'homosexualité. Les activistes qui appellent à soutenir ce mouvement savent que le combat pour l'égalité ne fait que commencer, mais qu'il est loin d'être gagné.

Dans la nuit du samedi 29 au dimanche 30 juillet, 42 personnes avaient été arrêtées dans un hôtel du quartier de Owode-Onirin, dans l'extrême nord de Lagos, après un raid de la police. Au Nigeria, l’homosexualité est interdite et est répréhensible de 14 ans de prison. Des activistes militants pour les droits des gays tentent de faire évoluer les mentalités dans un pays où la religion occupe une grande place.

« Il y a encore 87% des Nigérians qui pensent que la loi interdisant le mariage de même sexe est une bonne chose. Et quand vous êtes un politicien, vous ne voulez pas aller contre 87% de vos électeurs potentiels », reconnait Ashiwaju Bisi Alimi, un militant pour la cause gay.

« Mais ce que nous voudrions, c'est un environnement où – comme n'importe quel Nigérian – nous pourrions avoir le droit de nous réunir, le droit d'accéder aux informations et de participer au processus démocratique, poursuit-il. Jamais par la passé au Nigeria, il n'y a eu de véritable mouvement en faveur du mariage de personnes du même sexe, ou même pour réclamer pour la légalisation des pratiques homosexuelles. Mais ce que nous voudrions, ce serait de pouvoir respirer, vivre et faire partie de la société nigériane ».