Sénégal: revoir le système électoral en vue du scrutin présidentiel

File d'attente dans un bureau de vote de Dakar pour les législatives au Sénégal, le 30 juillet 2017.
© RFI/Guillaume Thibault

125 députés sur 165 pour le camp présidentiel, 19 députés pour la coalition de l'ex-président Abdoulaye Wade, 7 pour l'autre grande coalition de l'opposition dirigée par le maire de Dakar Khalifa Sall : voilà à quoi devrait ressembler la 13e législature sénégalaise. Une victoire de la majorité rendue possible par les divisions de l'opposition pour la société civile. Les résultats montrent qu'il faut revoir le système électoral et mieux organiser le scrutin présidentiel de 2019 afin qu'un maximum de Sénégalais puisse aller voter.

Avec un peu plus de 49% des voix, la coalition présidentielle se retrouve avec près de 76% des sièges de la future Assemblée. Le morcellement de l'opposition y est bien sûr pour quelque chose.

Valdiodio Ndiaye, expert électoral au sein du Collectif des organisations de la société civile pour les élections du Sénégal (Cosce), estime qu’il faut faire des réformes dans le système électoral et dans les organes de gestion des élections. « Pour une meilleure représentation vis-à-vis des populations, qu’on arrive à réfléchir sur l’approfondissement de notre système électoral, c’est-à-dire envisager même des seconds tours. Cela donnera un profilage plus intéressant de la représentation nationale. »

Les conclusions de la société civile : il faut faciliter le vote, réfléchir au problème des partis politiques, très nombreux au Sénégal. 47 listes se sont présentées aux législatives, et cela aussi a perturbé l'organisation du scrutin dont les résultats sont aujourd'hui contestés par l'opposition.

Avec un taux de participation en hausse, cette nouvelle Assemblée est d'une certaine manière plus représentative que l'Assemblée sortante, mais le processus d'inscription sur le nouveau fichier électoral et de délivrance des cartes d'électeur aurait dû être enclenché beaucoup plus tôt. « Si on avait commencé début juillet 2016 peut-être que nous n’en serions pas là. Peut-être qu’on aurait même pu atteindre les 8 millions d’électeurs. Et justement, c’est cela le défi en direction des élections qui vont venir en 2019 », estime Valdiodio Ndiaye.

Le Conseil constitutionnel a 15 jours pour publier les résultats définitifs. Et dans l'optique des élections présidentielles de 2019, la société civile appelle les Sénégalais à ne pas attendre pour aller récupérer leur carte d'électeur.