Cameroun: une vidéo de prisonniers, dont certains du SDF, sème le trouble

Une rue de Bamenda bloquée par des manifestations contre le gouvernement, le 8 décembre 2016 (photo d'illustration).
© REUTERS/Stringer

Au Cameroun, une vidéo a été partagée des milliers de fois ces dernières 48 heures sur les réseaux sociaux. On y voit des hommes, se présentant comme des prisonniers, annoncer en anglais qu'ils entament une grève de la faim pour dénoncer leurs conditions de détention. Parmi eux, un ancien maire de Bamenda et membres du SDF, le parti d'opposition du Cameroun anglophone.

Ils se présentent, chacun leur tour, face au téléphone qui les éclaire. L'un d'eux essuie quelques larmes avec son tee-shirt. La camera se promène ensuite dans la pénombre, dans une petite pièce qui ne compte rassemblement qu'une lucarne avec des barreaux. Le sol est mouillé, les toilettes très sales. Un homme parle d'un bunker comparable aux camps de concentration. Il dit se trouver dans les sous-sols du SED, le Secrétariat d'Etat à la Défense à Yaoundé. Impossible de vérifier cette information.

Des avocats, qui défendent régulièrement des militants anglophones, se sont rendus sur place lundi après-midi 7 août. Mais ils ont été refoulés sans en savoir davantage. Jusqu'à la publication de la vidéo sur les réseaux sociaux, ils ne savaient pas où ces hommes étaient retenus.

Parmi eux, Patrick Ndango, un ancien maire de Bamenda et membre du SDF. Selon un responsable du parti d'opposition, il a été arrêté il y a un mois et demi environ. Mais si l'on en croit la vidéo, les autres seraient enfermés depuis 6 mois.

Un membre du ministère de la Défense confirme que des détenus anglophones ont entamé une grève de la faim, mais il refuse de faire un lien avec la vidéo, qui a été vue des milliers de fois sur les réseaux sociaux.