Madagascar: vol de zébus avec prise d'otage dans la région d’Amorin’i Mania

Des fonctionnaires locaux sont soupçonnés d'aider à blanchir les zébus volés en fournissant de fausses fiches individuelles de bovidé pour qu'ils puissent être revendus.
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A Madagascar, les vols de zébus se multiplient dans la région d'Amoron'i Mania, à 400 km au sud de la capitale Antananarivo. Quatre attaques de voleurs de zébus ont été recensées dans cette région. Dernière attaque en date : lundi 7 août. Trois cents zébus ont été volés dans la commune rurale de Mandrosonoro. Une attaque doublée d'un enlèvement.

6h00 du matin, 90 dahalos armés de fusils de chasse et de quelques kalachnikovs prennent d'assaut le quartier de Janjiana. Dans leur ligne de mire : les zébus de cette communauté. Après plusieurs échanges de tirs avec les propriétaires des bovidés, les dahalos prennent la fuite avec 300 zébus.

Cette fois-ci, les voleurs ont enlevé une femme. « C'est une stratégie pour dissuader les villageois de les poursuivre. Ils finissent par libérer l'otage une fois qu'ils ont pu s'éloigner suffisamment », explique le commandant Herilalatiana Andrianarisaona en charge de la communication à la gendarmerie nationale. « L'otage a été libérée depuis », précise-t-il. Mais une dizaine de gendarmes sont toujours à la recherche des bandits, qui ont pris la direction du sud du pays.

Tradition villageoise de l'ouest et du sud de Madagascar, le vol de zébu est, à l'origine, un moyen pour les hommes de prouver leur virilité. Mais la tradition s'est transformée aujourd'hui en véritable trafic.

D'après les enquêtes de la gendarmerie, certains fonctionnaires locaux aident à blanchir ces zébus en fournissant de fausses fiches individuelles de bovidé. Un trafic qui génère des centaines de milliers d'ariarys de bénéfices pour ces voleurs. Un zébu coûte en moyenne 1 million d'ariarys, soit 290 euros.

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