L’exil estival de millions d’Algériens vers la Tunisie

Des touristes à Tunis, le 4 août 2017.
© REUTERS/Zoubeir Souissi

Depuis le début des vacances d'été, plusieurs milliers de véhicules passent chaque jour la frontière entre l’Algérie et la Tunisie. Pas besoin de visa entre les deux pays et les infrastructures touristiques tunisiennes sont plus développées qu’en Algérie. Résultat, à la frontière, c'est le rush. Reportage.

Au bord du poste frontière d’Oum-Tebboul, une aire de pique-nique avec des jeux pour enfants. Mouloud et Samia viennent de Skikda, une petite ville sur le littoral algérien. Après plusieurs été de vacances en Algérie, ils veulent aller en Tunisie, « pour changer ».

« La Tunisie compte beaucoup sur le tourisme, parce qu’elle n’a pas de pétrole. Donc, ils ont eu cette culture de bien recevoir les gens, et vous vous sentez quand même très à l’aise en Tunisie »,  note Mouloud.

« On n'a rien en Algérie »

Abdenour et Radia, eux, sont partis à 5 h du matin de Sétif, avec leurs trois filles sur la banquette arrière. Pour eux, la Tunisie, c'est surtout une manière de proposer des vrais loisirs aux enfants.

« On n’a rien en Algérie. On a 1400 kilomètres de belles côtes. Mais il n'y a rien : pas de plage, pas de sécurité, les jeunes vont se baigner dans les barrages tellement il n'y a rien », lâche Abdenour.

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« C'est pour ça que tu vois chaque année 3 millions de personnes qui vont en Tunisie, un petit pays, qui n'a pas de pétrole », estime le Sétifien. Et de conclure, amer : « Moi j'aime mon pays, mais pas comme ça. Comme ça, je le déteste. »

Ce jour-là, malgré les nouvelles formalités informatisées, il faudra plus de trois heures, au couple pour passer la frontière.