Kenya: l'appel à la grève de Raila Odinga peu suivi à Kibera

Raila Odinga, candidat malheureux à la présidentielle au Kenya, a appelé à la grève générale ce lundi.
© REUTERS/Thomas Mukoya

Le calme est revenu dans les bidonvilles de Nairobi et Kisumu après plusieurs jours de tensions qui ont suivi l’annonce des résultats de la présidentielle donnant Uhuru Kenyatta vainqueur avec plus de 54% des voix. Cependant, l’opposition ne recule pas. Dimanche, Raila Odinga est sorti de son  silence. Il a appelé ses partisans à se mettre en grève, ce lundi 14 août, en attendant une nouvelle déclaration, demain, durant laquelle il devrait annoncer à ses partisans la marche à suivre. L’appel à la grève est très moyennement suivi.

Ici, à Kibera, la population est divisée après les dernières déclarations de l’opposition. En effet, Kibera abrite différentes tribus et si certains comme les Luo, la tribu de Raila Odinga, affirment que la grève est suivie et que les habitants resteront chez eux, bien d’autres comme les Kikuyus, la tribu d’Uhuru Kenyatta, voit cette grève d’un mauvais œil.

Même chez les partisans de l’opposition, l’appel à la grève divise. Ici, les habitants vivent au jour le jour. Une journée de travail perdue est synonyme de manque de nourriture sur la table le soir. « Si je ne travaillais pas aujourd’hui, mes produits auraient pourri, explique une vendeuse. S’il nous donnait à manger, nous pourrions suivre la grève, mais comme il ne le fait pas, ce n’est pas possible ».

Rappelons que les affaires vont mal depuis une semaine. Beaucoup de boutiques sont restées fermées depuis mardi dernier, le jour de l’élection, par peur des violences. Certains profitent du calme relatif revenu dans le bidonville ce lundi pour retourner au travail.

Dans le reste de la capitale, il n’y a aucun signe de grève, les supermarchés et les stations-service étant ouverts. Par ailleurs, beaucoup d’entreprises qui avaient donné des congés à leurs employés, durant les élections, ont repris leurs activités.

A Kisumu, dans l'ouest du pays, autre bastion de l'opposition, plusieurs habitants contactés par RFI, ont pu constater que les matatus – les minibus au Kenya – avaient repris leur trafic normal et que les magasins qui avaient fermé leurs portes dans toute la ville, la semaine dernière, étaient ouverts ce lundi matin.

Il faut dire que beaucoup ont appelé à la reprise des activités et en particulier, le professeur Anyang’Nyong’o, le nouveau gouverneur de Kisumu, qui est pourtant un proche de Raila Odinga.

On se demande quel peut être l’impact de cette grève, sachant qu’elle n’est suivie que dans certains bidonvilles et encore partiellement. Des bidonvilles où beaucoup des habitants sont au chômage ou travaillent dans le secteur informel.

Entretemps, la Croix Rouge kenyane a donné son propre décompte des violences post-électorales. Elle fait état de 9 morts à Nairobi, principalement dans les bidonvilles de Kibera et Matharé, 8 morts à Kisumu et 117 blessés dans tout le pays dont 108 blessés graves.

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